
Ouverts ce mardi 13 octobre 2026 à Douala, les travaux du 5e Congrès international de la Société camerounaise de sécurité et santé au travail (SCSST) se poursuivent jusqu’au 15 octobre. Placée sous le thème « La pratique de la sécurité et santé au travail en contexte de faibles ressources », cette rencontre scientifique réunit 350 participants autour des stratégies de prévention adaptées aux réalités économiques et professionnelles, avec pour objectif d’aboutir à la « Déclaration de Douala ».

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Dr Eyoum Doualla Bruno, directeur de la santé et de la sécurité au travail au ministère du Travail et de la Sécurité sociale (MINTSS). Il était entouré de Charles Yopndoi, délégué régional de la santé publique pour le Littoral et représentant du ministre de la Santé publique, du Dr Jérémie Solle, premier adjoint au maire de la ville de Douala, du Dr Joseph Silvère Kaptué, président exécutif de la SCSST, ainsi que de la Pr Eboumbou Else, doyenne de la FMSPD. Plusieurs délégations étrangères, notamment du Sénégal, du Congo et de la Côte d’Ivoire, prennent également part aux échanges.
Dans son allocution, la Pr Eboumbou Else, doyenne de la FMSPD, est revenue sur la question des biens et de l’intérêt général. Elle a notamment souligné que « la santé et la sécurité au travail doivent être envisagées dans une perspective d’intérêt général, où la protection des travailleurs constitue une préoccupation collective nécessitant l’implication de tous les acteurs ».
Elle a ainsi mis en avant l’importance de placer le bien commun au centre des réflexions et des actions en matière de prévention des risques professionnels.
Dans sa leçon inaugurale, le Pr Jean Sylvain Bonny, professeur titulaire de médecine du travail à l’Université Félix-Houphouët-Boigny de Côte d’Ivoire et président de la Société panafricaine de santé au travail, a plaidé pour des solutions endogènes et durables. Il a notamment insisté sur la protection des travailleurs du secteur informel et la fabrication locale d’équipements de protection individuelle adaptés aux réalités africaines. Il a également encouragé les acteurs à miser sur l’ingéniosité locale plutôt que d’attendre systématiquement une aide extérieure.

Pour le Dr Joseph Silvère Kaptué, Président exécutif de la SCSST, l’adaptation aux réalités nationales constitue un enjeu majeur. « Il estime nécessaire de dépasser les modèles importés pour développer des mécanismes de prévention tenant compte des ressources disponibles. Selon les chiffres présentés par le responsable, le Cameroun compte environ 15 millions de travailleurs, dont 12 millions exercent dans le secteur informel, pour seulement 105 médecins spécialistes en santé au travail. Cette situation souligne les difficultés d’accès aux dispositifs de protection médicale et sociale pour une grande partie de la population active. »

Au total, dix sous-thèmes sont abordés durant les trois jours de travaux, notamment la mobilisation des acteurs, la gestion des coûts liés à la santé et à la sécurité au travail et la protection des travailleurs de l’économie informelle. Les échanges doivent permettre d’identifier des solutions réalistes, accessibles et adaptées aux besoins des entreprises comme des travailleurs.
De son côté, Mr Charles Yopndoi a rappelé que la » prévention des risques professionnels contribue à préserver la santé physique et mentale des travailleurs, à réduire les dépenses de santé et à favoriser la couverture santé universelle. Il a également souligné l’importance de la collaboration entre les ministères de la Santé publique et du Travail et de la Sécurité sociale afin d’améliorer la prise en charge des travailleurs« .
Le Dr Eyoum Doualla Bruno a, quant à lui, insisté sur « la nécessité d’instaurer une véritable culture de prévention et de renforcer la politique nationale ainsi que le cadre juridique de la santé et de la sécurité au travail. Il a évoqué la révision des textes existants et l’élaboration de nouvelles dispositions visant à améliorer le dispositif national. »

Au terme de cette rencontre internationale, les participants ambitionnent d’aboutir à la « Déclaration de Douala ». Ce document devrait formuler des recommandations tenant compte des réalités économiques, sociales et professionnelles, ainsi que des ressources locales, afin de renforcer la prévention des risques professionnels et de favoriser un meilleur accès à la santé et à la sécurité au travail.
