
Plus de 350 gynécologues et obstétriciens venus des dix régions du Cameroun et de plusieurs pays étrangers se réunissent à Douala depuis le 14 octobre 2026 pour réfléchir aux défis actuels de leur spécialité. La rencontre vise à renforcer les compétences médicales et à améliorer la prise en charge des patientes.
La santé maternelle et reproductive demeure une préoccupation majeure en Afrique. Les complications liées à la grossesse et à l’accouchement, notamment les hémorragies du postpartum et la prééclampsie, continuent de mobiliser les professionnels de santé. À ces difficultés s’ajoutent l’endométriose, l’infertilité féminine, la prévention des cancers gynécologiques et le coût élevé de certains traitements, notamment la procréation médicalement assistée (PMA).
C’est dans ce contexte que s’est ouvert, mercredi 14 octobre 2026, à l’hôtel Sawa de Douala, le 33e Congrès de la Société camerounaise de gynécologie-obstétrique (SOGOC), placé sous le thème « Les défis actuels en gynécologie et obstétrique en 2026 ».

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, en présence de spécialistes venus des dix régions du Cameroun, ainsi que de plusieurs pays, dont la Tunisie, le Congo, le Bénin et la France.
Au-delà des rencontres professionnelles, ce rendez-vous scientifique entend favoriser le partage d’expériences et la diffusion des innovations médicales afin d’apporter des réponses adaptées aux réalités africaines. Le Pr Émile Mboudou, président de la SOGOC et du comité d’organisation, fonde de grands espoirs sur cette rencontre. Il en attend des résultats concrets pour l’avancée de la profession et l’amélioration de la prise en charge des patientes.
De son côté, le Dr Ernestine Gwet Bell, gynécologue, espère une forte mobilisation, particulièrement des jeunes médecins. Elle attire également l’attention sur les difficultés financières auxquelles sont confrontées les femmes souhaitant recourir à la PMA. « Beaucoup de femmes aimeraient tomber enceinte, mais la pratique de la PMA est assez coûteuse. Si on pouvait subventionner ce traitement, ce serait une bonne chose pour nous et pour les patientes ». Cette préoccupation met en évidence la nécessité de réfléchir à des mécanismes permettant de faciliter l’accès aux traitements de l’infertilité.
Pour sa part, le Pr Neji Khaled, Président du congrès et de la Société tunisienne de gynécologie-obstétrique, insiste sur la « nécessité de traduire les échanges scientifiques en actions concrètes, notamment dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale ».
La première journée a été marquée par deux conférences inaugurales consacrées à la médecine contextualisée en Afrique et aux défis de la santé reproductive. Les communications scientifiques ont ensuite porté sur la prévention et la prise en charge des hémorragies du postpartum, l’endométriose, l’infertilité féminine, la prééclampsie ainsi que les nouvelles approches chirurgicales. Une table ronde coordonnée par le Pr Mbu Robinson et le Dr Ebongo Zacheus a clôturé les travaux autour des stratégies de lutte contre les décès maternels liés à la prééclampsie et à l’éclampsie.

La première journée a donc permis de poser les bases d’une réflexion scientifique approfondie sur les défis actuels de la gynécologie et de l’obstétrique en Afrique. Entre partage d’expériences, présentation des innovations médicales et échanges sur la mortalité maternelle, l’infertilité et l’accès aux soins, les travaux ont souligné l’importance de renforcer les compétences des praticiens et de promouvoir des solutions adaptées aux réalités locales, au bénéfice des femmes et des nouveau-nés.
