
Ces paroles, chantées et récitées en poèmes par des personnes autrefois atteintes de troubles mentaux et vivant dans l’errance, ont marqué la table ronde organisée le vendredi 9 octobre 2026 à la salle des fêtes d’Akwa. À travers ces témoignages émouvants, elles ont exprimé leur reconnaissance envers la Communauté urbaine de Douala (CUD), dont l’accompagnement leur a permis de sortir de cette situation et de retrouver progressivement leur place dans la société.

Cette rencontre a réuni des addictologues, psychologues, psychiatres, gérontologues, représentants de la Délégation régionale de la Santé publique du Littoral, de la CUD, du MINPROFF, du MINAS, ainsi que des jeunes et des acteurs de la société civile. Les échanges étaient placés sous la houlette de M. Charles Yopndoi, Délégué régional de la Santé publique du Littoral, aux côtés du Dr Olinga Joseph Magloire, directeur adjoint de l’Environnement, de la Santé et du Cadre de vie à la CUD. Les participants ont partagé leurs expériences et leurs propositions pour améliorer la prise en charge des personnes atteintes de troubles mentaux.
Selon les informations présentées par le Dr Olinga Joseph Magloire, environ 45 patients hospitalisés au service de santé mentale de l’hôpital Laquintinie ont bénéficié des dons du Maire de la ville le Dr ROGER MBASSA NDINE , constitués de denrées alimentaires et de produits d’hygiène. Par ailleurs, quatre familles dont les proches ont été réinsérés ont reçu des aides alimentaires et des bons de prise en charge médicamenteuse couvrant une période de trois à six mois. Cette assistance vise à soutenir les patients et leurs familles dans la continuité des soins.

Pour renforcer durablement cet accompagnement, la CUD envisage d’augmenter la capacité d’accueil du service de santé mentale de l’hôpital Laquintinie. À plus long terme, un centre spécialisé devrait être construit sur un site sécurisé de six hectares à Bonangando, avec l’appui de l’État et de partenaires. Cette infrastructure permettra d’améliorer la prise en charge globale des patients et de favoriser leur réinsertion sociale et professionnelle.
La Ville de Douala réaffirme ainsi son engagement auprès des personnes atteintes de maladies mentales et errantes (PAMME). Au-delà des soins médicaux, cette démarche vise à restaurer leur dignité, à renforcer leur accompagnement familial et à faciliter leur réintégration dans la société.

Les échanges ont également mis l’accent sur le rôle des associations dans la prévention des addictions. À ce sujet, l’expert psychologue Erero Njiengwe a souligné l’importance de la sensibilisation des familles et de l’encadrement des jeunes face aux dangers de la consommation de drogues. De son côté, le Dr T. Komega a présenté la contribution de la Fondation Kam-Siham à la lutte contre l’abus de drogues au Cameroun, mettant en avant la nécessité d’une mobilisation collective pour prévenir les comportements à risque et accompagner les personnes concernées. Les discussions ont notamment rappelé aux parents l’importance de connaître leurs enfants, de dialoguer avec eux et de rester attentifs aux changements de comportement.


Pour le Dr Olinga Joseph Magloire, « la santé mentale est une affaire de tous ». Son message de sensibilisation est clair : « Si vous souffrez, parlez. Si votre enfant change de comportement, écoutez. Si votre voisin s’isole, allez vers lui. Brisons les tabous et veillons les uns sur les autres. »

À travers cette mobilisation, la Communauté urbaine de Douala entend poursuivre ses efforts en faveur de la solidarité, de la prévention des addictions, de l’accès aux soins et de la réinsertion sociale des personnes vulnérables.
