
« L’évolution de la réglementation des changes, jusqu’ici est un problème récurant pour nous, le plaidoyer que nous demandons concerne les services de changes, notamment les transferts c’est un gros problème ; le monde présent ici dans la salle me confirme que nous ne sont pas les seuls à vivre cela… »
Cette déclaration de Mr SAMUEL NJANGA KONDO, Président du premier réseau des Industries au Cameroun (SYNDUSTRICAM), constitue la problématique des échanges entre la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) et le Syndicat des Industriels au Cameroun (SYNDUSTRICAM), qui se sont tenus le Jeudi28 Mars 2024 ; dans la salle de conférence de l’Hôtel PLATINUM COCOTIERS à Douala-Cameroun sise dans son Premier Arrondissement.
Le thème retenu pour ces échanges est « Transferts de devises : un plaidoyer pour les industries ».
Invité à la table des échanges, le Directeur National de la (BEAC), Mr PIERRE EMMANUEL NKOA AYISSI, avait pour mission au cours de cette séance de travail d’apporter des éclaircis en ce qui concerne les inquiétudes relatives aux Transferts des Devises du secteur privé Industriel.
Cette rencontre organisée par le Syndicat des Industriels du Cameroun (SYNDUSTRICAM) a également été marquée par la présence des Grands Industriels du pays à l’instar D’EMMANUEL WAFO (PDG MITCHIMIE) et bien d’autres.
Le règlement N°02/00/CEMAC/UMAC/CM du 29 Avril 2000 portant harmonisation de la Réglementation des Changes des États membres de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) n’a pas été très bien perçue et appréhendée par tous les États membres.
En 2011, il c’est posée la problématique de sa révision, les raisons évoquées par certains États sont :
- La connaissance assez limité par les parties prenantes du cadre réglementaire et opérationnel de la réglementation des changes ;
- Mise en œuvre ineffective,
- Absence de vulgarisation ;
- Dispositif opérationnel presqu’ inopérant en matière de suivie et de contrôle.
Cette situation a induit des conséquences manifestes à savoir le faible rapatriement des recettes d’exportations, Transferts à l’extérieur sans contrepartie et spéculations contre la monnaie…
Ce constat, est une autre réalité manifeste au sein du (SYNDUSTRICAM) qui jusqu’ici ses membres souffrent des modifications qu’a généré la Nouvelle Réglementation de change.
Dans le but de défendre les intérêts et garantir une transaction efficiente et harmonieuse des services, cette initiative louable et Salvatrice portée par son Président SAMUEL NJANGA KONDO vient à point nommée.

Pour le (SYNDUSTRICAM), la nouvelle réglementation des changes a posé d’énormes difficultés sur plusieurs aspects :
- Au niveau des Procédures , il se pose tout d’abord le problème de Contrat entre le Tradeur et le Producteur ; ici on peut associer les problèmes spécifiques à savoir le fait que l’importateur industriel ne peut accéder à ce document ; la Proposition reconsidérer de cette exigence ; ensuite comme autre problème majeur le problème de Déclaration et Domiciliation (manuelles) d’importation des biens ; enfin le problème de déclaration sur l’honneur ce qui oblige nos industriels à engager leur responsabilité même lorsque certains manquements ne peuvent lui être imputés ;
- Au niveau de la Matérialisation ici il se pose trois problèmes spécifiques à savoir le problème relatif aux Délais de transferts et sur les coûts de transferts qui n’épousent pas le plus souvent les réalités Nationales ; et enfin les défaillances techniques qui n’émanent pas de l’industriel mais qui au de-là en bénéfice des sanctions ;
- Le (SYNDUSTRICAM) évoque également le problème d’absence d’une bonne Communication entre (BEAC) et les industriels sur les informations nécessaires de cette Nouvelle Réglementation.
Face à cette série de préoccupations , le (SYNDUSTRICAM) préconise ; de faire un monitoring des Délais de Traitements des demandes de transfert avec une déclinaison sur la répartition des responsabilités , renforcer la responsabilités des lettres de crédits ceci en ce qui concerne les Délais de transferts , ensuite Améliorer la transparence sur les frais rentrants dans la facturation des commissions de transferts , contrôles des conditions de banques en ce qui concerne les coûts de transfert et enfin mettre en place des conditions spécifiques de traitements pour les entreprises citoyennes , les importations de certains produits essentiels , les opérations réalisées par les lettres de crédits , faire des allocations automatiques de devises en ce concerne le Traitement préférentiel pour certains Opérateurs et certaines Entreprises .
« Notre monnaie est plus solide que ce vous pensez, nous avons beaucoup de leçons à donner aux autres en ce qui concerne notre monnaie »

Déclaration du Directeur National de la (BEAC) PIEERE EMMANUEL NKOA AYISSI à l’entame de ces propos pour démonter que la problématique de transfert de Devise existe, certes c’est une réalité mais notre monnaie est solide.
Pour le Directeur National « la nouvelle réglementation portée par le Gouverneur de la (BEAC) ABBAS MAHAMAT TOLLI n’a pas que créer des interrogations en Zone (CEMAC) , elle a également été bénéfique ; les chiffres le démontres ,elle a favorisé une augmentation des sorties de devise s de la Zone (CEMAC) passant de 2816,53 milliards en 2018 à 12 707.61 Milliards en 2023 et une augmentation des rétrocessions de devises de cette Zone passant de 3.277.85 milliards en 2018 à 11 962.361 milliards en 2023 . »
Il poursuit en précisant que dans cette Zone la (BEAC) a engagé quelques actions pérennes pour rendre cette réglementation compréhensible et facilement applicable à savoir « l’organisation depuis 2022 des premières réunions réglementaires annuelles sur la mise en œuvre de la réglementation des changes avec les Ministres en charges de la monnaie et du crédit en zone (CEMAC) et la (COBAC) , le Déploiement en 2020 de la plateforme de transfert afin de réduire significativement les délais de traitements en fonctions des seuils de compétences (48h pour les directions nationale et 72h pour les sièges ) etc. »
Ce sont ces reformes à cette réglementation des changes impulsées par la (BEAC) en zone (CEMAC) qui ont favorisé des profondes mutations dans l’Environnement économique et financier ces dernières années à travers :
- Diversification des partenaires économiques de nos pays ;
- Développement des systèmes et moyens de paiements ;
- Rôle plus accrue de la Diaspora ;
- Essor des opérations réalisées avec les Infrastructures de paiement électroniques ;
- Apparitions et foisonnement des opérations sur valeurs mobilières ;
- Et enfin évolution des Normes Internationales sur la LAB/FT (recommandations du GAFI).

Ces informations capitales véhiculées par le Directeur Nationale de la (BEAC) ont suscité dans la salle une série de question.
Des réponses totalement satisfaisantes d’une part et partiellement d’autre part pour certains ont été proposées par le haut responsable National de la (BEAC), pour certaines questions n’ayant pas de réponses il fit la promesse de les transmettre à qui de droit pour des éventuelles réactions positives.
Les industriels présents à l’instar du PDG (MIT CHIMIE) EMMANUEL WAFO se dit satisfait d’une telle initiative , mais évoque un point essentiel en ce qui concerne le fait que les producteurs de richesse Camerounaise ne soient pas des patriotes , à cette question il répond « je crois que fondamentalement de mon point de vue il s’agit en fait d’un problème structurel de notre économie , notre économie est encore basée sur beaucoup d’importations et sa impacte négativement la partie commerciale , je ne peux avoir cette lecture de cette question que les opérateurs Camerounais ne font que des opérations dans le but de transférer illégalement les ressources qui n’ont pas , n’oublions pas que l’essentiel de l’Économie Camerounaise est portée par les Petites et Moyennes Entreprises (PME) , elles n’ont pas de ressources pour fonctionner comment auront-elles des moyens de transférer autant d’argent à l’étranger alors qu’elles n’en n’ont pas pour tourner leurs exploitations ? , il faut bien clarifier qui sont ceux qui sont concernés pas cette fraction de Devise , je pense que ce n’est pas la majorité des Camerounais »

Il poursuit en évoquant les problèmes que rencontrent les (PME) du secteur industriel « en ce qui concerne les problèmes il y’ a l’épineux problème de Délai de transferts , chez nous, nous avons identifié que pour avoir un transfert , qu’il faut compter environs 15 jours pour un transfert à l’étranger en comptant bien sûr sur toute la documentation , il y’ a des problèmes au niveau des Banques Commerciales , mais il y’ a également des problèmes au niveau de la (BEAC) »
A l’issue de cette rencontre le Président du (SYNDUSTRICAM) se dit satisfait des échanges et souligne que « Quant on travaille si on n’a pas une monnaie solide on peut perdre tout son investissement, on voit se qui se passe dans la Région, s’arrive autour de nous des difficultés qui s’opèrent dès que la monnaie devient flottante et perd sa valeur du jour au lendemain, on est satisfait des échanges avec le Directeur National , car celles-ci ont démontré la solidité de notre monnaie ».
En rappel le Syndicat des Industriels du Cameroun (SYNDUSTRICAM) est une association créée en 1950 et constituée d’Entreprises Industrielles du Cameroun. Son but est de promouvoir, défendre les intérêts, rendre des services divers aux entreprises industrielles.
