
Réunis du 26 au 28 mars 2026 à Douala, les acteurs du monde médical, scientifique et institutionnel, à l’initiative de la Société camerounaise de cardiologie (SCC), ont planché sur la problématique de la mort subite de l’adulte en Afrique, avec pour ambition de renforcer la prévention et l’accès aux soins cardiovasculaires.

Placée sous le thème « la mort subite de l’adulte en Afrique », cette 15e édition a constitué un cadre d’échanges et de réflexion sur les mécanismes permettant d’améliorer la prévention, de faciliter l’accès aux soins cardiaques et de mieux comprendre ce phénomène encore trop fréquent sur le continent.
Les travaux ont été officiellement ouverts le jeudi 26 mars en présence de plusieurs autorités, parmi lesquelles Aboubakary Haman Tchiouto, secrétaire général auprès du gouverneur de la région du Littoral, ainsi que Dr Jérémi Solle, Premier adjoint au Maire de la Ville de Douala.
L’organisation de ce congrès a reposé sur un dispositif structuré, conduit par Pr Anastase Dzudie Tamdja, Président du comité d’organisation, assisté de Félicité Kamdem, vice-présidente. Le secrétariat du congrès, dirigé par Pr Jérôme Boombhi, avec l’appui de ses adjoints et membres, a assuré la coordination des activités.
Parallèlement, le comité scientifique, placé sous la houlette de Pr Liliane Kuate Mfeukeu, a garanti la qualité des échanges et des contenus présentés tout au long des travaux.

Moment particulièrement marquant de la rencontre, le témoignage de dame Yanna, 65 ans, a suscité une vive émotion dans la salle. Diabétique depuis plusieurs années, elle a relaté son parcours jalonné de complications cardiovasculaires.
« J’ai été diagnostiquée diabétique il y a très longtemps, une maladie héritée de mes parents. J’ai été victime de trois crises cardiaques. La troisième a été la plus grave… On m’a raconté que j’ai fait une mort subite pendant près de 15 minutes en 2022. Aujourd’hui, si je suis en vie, c’est grâce à la prise en charge dont j’ai bénéficié », a-t-elle confié.
À travers ce récit poignant, elle a lancé un appel à la vigilance, insistant sur l’importance du suivi médical régulier, du respect des traitements et de l’adoption de modes de vie sains.

Dans la continuité de ce témoignage, une définition claire de la mort subite a été apportée par Pr Jérôme Boombhi.
Selon lui, « la mort subite est un décès naturel, inattendu, qui survient brutalement, généralement dans l’heure qui suit l’apparition des premiers symptômes chez une personne apparemment en bonne santé ou dont l’état ne laissait pas présager une issue fatale à court terme ».

Une précision importante qui permet de mieux cerner ce phénomène souvent mal compris et d’orienter efficacement les stratégies de prévention.
Au-delà de l’émotion, les échanges ont permis de mettre en évidence une réalité préoccupante : la mort subite demeure fréquente dans nos sociétés, mais elle peut être évitée grâce à une meilleure prévention et une prise en charge rapide.
À ce titre, la Vice-présidente du SCC, Pr Félicité Kamdem, a rappelé le rôle central de la société savante dans la dynamique nationale et régionale :
« La Société camerounaise de cardiologie se veut un cadre fédérateur pour les spécialistes et les acteurs de la santé cardiovasculaire. Notre mission est de promouvoir l’excellence scientifique, de renforcer les capacités des praticiens et de contribuer à l’amélioration de la prise en charge des patients à travers la diffusion des connaissances et le partage d’expériences. »

Pour le Président du comité d’organisation Pr Anastase Dzudie Tamdja, « ce congrès se veut un cadre d’échanges, de partage d’expériences et de réflexion collective, afin de mieux comprendre, anticiper et prévenir la mort subite dans notre contexte africain. Il est également un appel à une mobilisation de tous les acteurs […] pour une cardiologie plus proactive, accessible et efficace ».

Dans la même dynamique, la Présidente du comité Scientifique du congrès, Pr Liliane Kuate Mfeukeu, a mis en lumière l’ambition scientifique et les innovations de cette édition :
« Cette année, le Comité Scientifique a souhaité construire un programme qui reflète la transformation profonde de notre métier […] Ce Congrès est le vôtre. Qu’il nourrisse nos pratiques, forge des collaborations durables et inscrive plus fermement la cardiologie africaine dans les standards internationaux à partir de nos données et de nos contextes. »
Les travaux ont été structurés autour de plusieurs sessions scientifiques portant notamment sur l’hypertension artérielle (HTA), la prévention et les facteurs de risque cardiovasculaires, l’insuffisance cardiaque, ainsi que la rythmologie.
Autant de thématiques essentielles qui ont permis aux participants de partager des expériences, d’actualiser leurs connaissances et de proposer des pistes de solutions adaptées aux réalités africaines.

À travers ce 15e congrès, la Société camerounaise de cardiologie réaffirme son engagement à fédérer les compétences et à impulser une dynamique collective en faveur de la lutte contre les maladies cardiovasculaires.
Une mobilisation jugée indispensable pour réduire significativement les décès liés à la mort subite en Afrique et améliorer durablement la qualité de vie des populations.
À propos de la Société camerounaise de cardiologie (SCC).

Fondée en 1991, la SCC est une organisation apolitique et exclusivement scientifique. Elle regroupe une cinquantaine de cardiologues ainsi que des spécialistes de disciplines associées.
Ses objectifs :
Promouvoir la spécialité auprès des professionnels et des patients ;
Stimuler la recherche et diffuser les résultats scientifiques ;
Organiser un congrès scientifique tous les deux ans pour débattre des enjeux de la cardiologie au Cameroun.
Ses missions :
Informer pour préserver la santé cardiovasculaire ;
Assurer les soins aux malades ;
Rechercher de meilleurs protocoles de traitement ;
Former aux gestes de premiers secours.
