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Les acteurs de la gouvernance foncière des trois pays concernés, à savoir le Cameroun, la République centrafricaine et le Tchad, se sont réunis ce lundi 21 septembre 2026 à Douala, dans le cadre du projet « Améliorer la gouvernance foncière et réduire les conflits liés à la transhumance transfrontalière en République du Tchad, en République du Cameroun et en République centrafricaine », porté conjointement par la FAO et le Centre africain d’études internationales, diplomatiques, économiques et stratégiques (CEIDES). Pendant trois jours, les participants échangent sur les réformes foncières, la sécurisation des droits et les mécanismes de prévention et de réduction des conflits liés notamment à la transhumance transfrontalière.

Les travaux ont été ouverts par Mme Clarisse Kamgang, représentante du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (MINDCAF), et Athman Mravili, coordonnateur du Bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique centrale, en présence notamment d’Antonio Querido, représentant de la FAO au Cameroun, de Christian Pout, du CEIDES, et de Mohammed Abakar, directeur de l’Agriculture et du Développement rural de la CEEAC.

À travers ce projet, la FAO et le CEIDES entendent contribuer à l’amélioration de la gouvernance foncière dans les trois pays, en favorisant une gestion des terres plus inclusive, transparente et durable. L’initiative vise notamment à renforcer la sécurisation des droits fonciers, à améliorer les mécanismes de gouvernance et à contribuer à la prévention des conflits liés à l’accès et à la gestion des terres, particulièrement dans les zones concernées par la transhumance transfrontalière.

Dans plusieurs territoires d’Afrique centrale, l’accès à la terre demeure au croisement d’enjeux économiques, sociaux et communautaires. La pression démographique, l’extension des activités agricoles, la mobilité des éleveurs, la transhumance transfrontalière et les effets du changement climatique accentuent la concurrence autour des espaces disponibles. À cela s’ajoutent les difficultés liées à la sécurisation des droits fonciers, à la coexistence entre les règles modernes et les pratiques coutumières, ainsi qu’à la délimitation des espaces de pâturage et d’exploitation.

situations peuvent alimenter des différends entre agriculteurs et éleveurs, entre communautés ou encore autour de la reconnaissance des droits sur les terres. La mobilité du bétail à travers les frontières ajoute également une dimension sous-régionale à ces problématiques, nécessitant une meilleure coordination entre les États et les acteurs locaux.

C’est dans ce contexte que la réforme de la gouvernance foncière apparaît comme un enjeu de prévention des conflits et de consolidation de la cohésion sociale. L’objectif de la rencontre est notamment de rechercher des mécanismes permettant de mieux sécuriser l’accès à la terre, de renforcer la participation des communautés et d’améliorer la coordination entre les différents acteurs.

Pour la représentante du MINDCAF, cette rencontre s’inscrit dans le processus engagé par le Cameroun pour moderniser sa gouvernance foncière. Elle rappelle que « l’objectif principal de cet atelier est de promouvoir un cadre d’échange de haut niveau en vue de partager les connaissances, notamment les résultats de la recherche en matière de gouvernance foncière, de discuter des réformes, de renforcer la sécurité de la propriété foncière et des investissements agricoles, et de réduire les conflits fonciers ».

Au Cameroun, cette dynamique repose notamment sur la plateforme multi-acteurs créée en 2025 et sur l’équipe interministérielle chargée de la finalisation de la réforme foncière et domaniale. Le MINDCAF travaille également à la finalisation d’un document de politique nationale foncière et domaniale ainsi que d’un projet de loi portant régime foncier et domanial. La transformation numérique et de nouveaux outils réglementaires doivent également contribuer à améliorer la gestion du foncier et à prévenir les litiges.

Cette démarche nationale s’inscrit dans une réflexion plus large portée par le projet FAO-CEIDES, qui entend favoriser le partage d’expériences entre le Cameroun, la République centrafricaine et le Tchad. L’enjeu est de rapprocher les politiques publiques des réalités locales et de favoriser des mécanismes de gouvernance adaptés aux spécificités des territoires concernés.

Cette approche rejoint les préoccupations de la FAO. Athman Mravili a rappelé que « l’égalité d’accès à la terre et la sécurité d’occupation sont essentielles pour parvenir à la sécurité alimentaire ». Selon lui, les politiques foncières peuvent contribuer à prévenir les conflits, mais aussi les alimenter lorsque l’accès à la terre génère des inégalités et de l’insécurité, notamment dans un contexte de croissance démographique, de migrations et de changement climatique.

La gouvernance foncière apparaît ainsi comme un élément transversal qui touche à la fois à la sécurité alimentaire, au développement rural, à la cohésion sociale et aux relations entre communautés. Dans les espaces transfrontaliers, elle nécessite également une concertation entre les pays concernés afin de mieux encadrer la mobilité des populations et du bétail.

La place des autorités traditionnelles a également été mise en avant au cours des échanges. Le Président du Conseil national des chefs traditionnels du Cameroun estime que « l’État gère la terre, mais la terre est dans des villages. À la tête de chaque village, il y a un chef traditionnel ». Il souligne que les chefs ne sont pas nécessairement « au cœur des conflits », mais « au cœur de la résolution des conflits », et salue leur association au processus de réforme engagé par le MINDCAF.

Cette implication vise notamment à mieux articuler les dispositifs institutionnels avec les réalités locales. Le représentant des chefs traditionnels rappelle que la chefferie a plaidé pour que certains éléments de la gestion coutumière soient pris en compte dans la réglementation. « Aucun chef ne veut qu’il y ait des conflits dans sa communauté « 

Ainsi, il appelle à poursuivre les efforts pour faire de l’accès à la terre un facteur de développement plutôt qu’une source de tensions.

La question de la transhumance transfrontalière constitue enfin l’un des principaux axes du projet conduit par la FAO et le CEIDES. La circulation du bétail entre les territoires camerounais, tchadiens et centrafricains pose des enjeux liés à l’accès aux pâturages, aux couloirs de transhumance, aux ressources naturelles et à la coexistence entre activités agricoles et pastorales.

Pour le représentant des chefs traditionnels, « avec le titre de cet atelier concernant la transhumance transfrontalière, la terre devient un élément qui peut afficher l’intégration sous-régionale ».

Durant ces trois jours, les participants devront ainsi partager les résultats de recherche, examiner les réformes en cours et identifier des actions communes susceptibles de renforcer une gouvernance foncière plus inclusive et durable dans les trois pays.

En rappel , Porté conjointement par la FAO et le CEIDES, le projet « Améliorer la gouvernance foncière et réduire les conflits liés à la transhumance transfrontalière en République du Tchad, en République du Cameroun et en République centrafricaine » entend ainsi accompagner les efforts engagés dans ces trois États. Il vise à promouvoir une gestion des terres plus inclusive, transparente et durable, tout en renforçant les mécanismes de prévention et de résolution des conflits liés à l’accès, à la sécurisation et à la gestion du foncier.

À travers le dialogue entre les administrations, les autorités traditionnelles, les chercheurs, les communautés, la société civile et les partenaires techniques, l’initiative entend contribuer à faire de la gouvernance foncière un levier de développement, de cohésion sociale et de coopération sous-régionale.

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