
À la veille de la 139e édition de la Fête internationale du Travail, célébrée ce 1er mai 2025 sous le thème national « Dialogue social et travail décent : pour un Cameroun serein », les principales organisations syndicales actives à Douala ont tenu une conférence de presse ce mardi 29 avril dans la salle polyvalente des services du gouverneur de la région du Littoral. Dans l’Objectif : livrer leur lecture du thème national et proposer des pistes de réforme pour améliorer les conditions de travail et la cohésion sociale en entreprise.
Parmi les syndicats représentés figuraient le Syndicat des industriels du Cameroun (Syndustricam), la Confédération générale du travail – Liberté du Cameroun (CGT-Liberté), l’Union Départementale des entreprises du Wouri (UDSW) et le Syndicat National des Travailleurs du Transport Aérien Catering et Activités Connexes du Cameroun (SNTTAAC). Tous ont exprimé une même exigence : placer le Dialogue social et l’emploi décent au cœur des politiques économiques.
Pour M. Essomba Onana Charles, président du SNTTAAC, le Dialogue social est un fondement essentiel d’une société équitable. « Il est temps de construire une culture de concertation sincère, fondée sur la confiance et le respect mutuel », a-t-il plaidé. Même son de cloche chez M. Tonye Gabriel, Président de la CGT-Liberté, qui dénonce un Dialogue souvent de façade : « L’économie repose sur les êtres humains, pas sur les profits. Le travailleur doit être perçu comme un partenaire, pas une ressource jetable. »
Au-delà du dialogue, les syndicats mettent l’accent sur la nécessité de créer des emplois formels. M. Vincent Kouete, Secrétaire Général du Syndustricam, a rappelé que « le travail décent commence par un emploi durable ». Il s’alarme d’un marché de l’emploi dominé par l’informel et critique un environnement économique trop rigide : « Le secteur privé n’emploie que 5,1 % des travailleurs. C’est une anomalie à corriger d’urgence. »

Il a également pointé le manque de mécanismes d’évaluation des initiatives de Dialogue : « Des exemples de bonnes pratiques existent, mais ne sont ni documentés ni généralisés. Il faut des outils pour mesurer l’efficacité du dialogue social. »
Pour M. Youga Biteck, Vice-président de l’UDSW, un Dialogue institutionnalisé et constant est la clé de la paix sociale. Il prône une plus grande implication des salariés dans les décisions stratégiques : « Le Dialogue social doit anticiper les crises et construire une vision partagée entre employeurs et employés. »
Les syndicats ont par ailleurs rappelé les quatre formes principales du dialogue en entreprise : la négociation collective, la consultation, l’échange d’informations et la prévention des conflits. Autant de leviers qu’ils estiment aujourd’hui sous-exploités.
Alors que le Pays s’apprête à rendre hommage à ses travailleurs, ces syndicats de Douala lancent un appel solennel aux pouvoirs publics et aux employeurs : « faire du Dialogue social un moteur de développement inclusif, investir massivement dans la création d’emplois stables, et garantir à tous des conditions de travail dignes ».
« Un Cameroun serein commence par des travailleurs respectés, écoutés et impliqués dans la construction du pays », concluent-ils d’une même voix.
Le rendez-vous du 1er Mai s’annonce donc comme un moment clé pour réaffirmer ces exigences et rappeler que le progrès social reste indissociable de la justice au travail.
