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Annoncé pour 2027 par le maire de la Ville de Douala, Dr Roger Mbassa Ndine, le nouveau système de management des déchets ambitionne d’améliorer la collecte des ordures ménagères à travers l’aménagement de points de regroupement, l’augmentation du nombre de bacs et l’amélioration de la fréquence d’enlèvement. Une perspective qui suscite autant d’espoir que de scepticisme auprès des populations, confrontées quotidiennement à la persistance des dépôts sauvages. Le récent accident mortel survenu à Kotto-Bass, dans l’Arrondissement de Douala IV, remet en lumière l’urgence d’une réponse concrète.

La gestion des ordures ménagères reste l’un des défis majeurs auxquels fait face la capitale économique. Malgré les efforts engagés par la Communauté urbaine de Douala (CUD) pour améliorer le cadre de vie des populations, plusieurs quartiers continuent de subir les conséquences de l’accumulation des déchets sur les voies publiques, dans les drains et aux abords des habitations.

Face à cette situation, le Maire de la Ville, Dr Roger Mbassa Ndine, a annoncé une nouvelle orientation dans la politique de gestion des déchets. « La CUD envisage la mise en place, en 2027, d’un nouveau système de management des déchets. Les actions annoncées comprennent l’aménagement de points de regroupement des ordures, l’augmentation du nombre de bacs à déchets et l’amélioration de la fréquence de leur enlèvement ».

Une initiative qui entend renforcer l’organisation de la collecte et apporter une réponse plus adaptée aux difficultés rencontrées dans les différents arrondissements.

Toutefois, sur le terrain, les préoccupations des habitants demeurent importantes.
Il y a encore deux jours, à Kotto-Bass, dans l’arrondissement de Douala IV, un conducteur de moto-taxi et sa passagère ont tragiquement perdu la vie dans un accident impliquant un camion à dix roues. Selon les témoignages recueillis, le conducteur aurait tenté d’éviter un important amas d’immondices occupant une partie de la chaussée avant de se retrouver sous les roues du poids lourd. Un drame qui remet brutalement en évidence les conséquences de l’insalubrité sur la sécurité des usagers de la route.

Interrogés sur le nouveau système de management des déchets annoncé par la CUD, plusieurs habitants de Douala IV, qui ont souhaité s’exprimer sous des noms d’emprunt, affichent des positions contrastées.

À Bwadibo, Éric reconnaît les efforts du maire de la Ville et salue ses ambitions pour Douala. Cependant, il déplore le décalage entre les annonces et la réalité quotidienne dans son environnement.
« Ce que fait le maire est bien. Je le suis depuis longtemps et il a de bons projets pour cette ville. Mais j’avais également suivi à la télévision qu’un partenariat avait été signé entre l’arrondissement de Douala 4 avec une société gestion des ordures Genelcam. Pourtant, Monsieur le journaliste, je ne vois pas réellement ce que cette entreprise fait. La poubelle va finir par nous tuer ».

Empruntant régulièrement l’axe Carrefour Music-Bonassama pour rejoindre son lieu de travail à Bonanjo, il décrit une situation qu’il juge particulièrement préoccupante. Encore marqué par le décès des deux jeunes à Kotto-Bass, il souhaite que les nouvelles mesures annoncées ne restent pas de simples intentions. « Si le projet du Maire est concret, cela va vraiment nous aider. Mais pourquoi ne pas commencer à le mettre en application maintenant ? »

À Ngouelle, Stéphan se montre beaucoup plus sceptique. Pour lui, les populations ont suffisamment entendu des annonces sans toujours constater des changements significatifs dans leur quotidien.
« Mon petit, laisse-nous ça ! Les élections approchent et on nous sort des mots compliqués pour nous embrouiller : nouveau management de gestion des ordures ! Je n’ai rien contre le maire de la Ville. Mais il faut qu’il sache que les critiques viennent aussi de son propre entourage. Malgré ce projet louable, les ordures seront toujours partout à Douala. Deux jeunes sont morts. Vous voulez seulement qu’on meure tous ? »

Pour Grand Beau, habitant de PK21, la solution pourrait également passer par un changement du mécanisme de collecte et une responsabilisation financière des ménages.
« Mon petit, la gestion est simple comme bonjour. Pourquoi veut-on toujours la compliquer ? Si on décide que chaque jour, un service passe récupérer les poubelles et que les ménages paient au kilogramme, je vous assure que si tu retrouves une poubelle en pleine route, tu m’appelles fou. Tu ne verras plus rien traîner. Pourquoi est-ce si difficile ? ».

Au marché Mambanda, les préoccupations sont également palpables. Gaston, rencontré aux abords de cet espace commercial, estime que la gestion des déchets doit commencer par une collecte régulière et une meilleure organisation des espaces de dépôt.
« Nous sommes fatigués de vivre avec les ordures. Au marché, les déchets s’accumulent et les odeurs deviennent parfois insupportables. On nous parle d’un nouveau système pour 2027, mais nous avons besoin de solutions dès maintenant. Il faut que les équipes passent régulièrement et que les responsabilités de chacun soient clairement définies ».

Même préoccupation chez Mme Rebecca, commerçante au marché Mambanda. Elle insiste particulièrement sur les conséquences de l’insalubrité sur les activités commerciales et la santé des populations.
« Nous vendons ici tous les jours, mais nous travaillons dans un environnement qui n’est pas toujours propre. Les clients viennent acheter leurs produits et doivent parfois contourner les tas d’ordures. Ce n’est pas normal. Nous souhaitons que le projet annoncé par le maire soit réellement appliqué. Douala mérite un environnement propre et sain ».

Pour un autre habitant rencontré, la situation de l’insalubrité dans la capitale économique a atteint un niveau préoccupant. « Vous savez, Monsieur le journaliste, dans ce pays, les problèmes nous dépassent parfois. On a l’impression que le remède existe déjà, mais qu’on tarde à l’appliquer ».

Au-delà des divergences de perception, les témoignages recueillis traduisent une préoccupation commune : la nécessité d’améliorer durablement la gestion des déchets ménagers dans la Ville. Si le nouveau système annoncé par le Maire Dr Roger Mbassa Ndine constitue une perspective encourageante, son efficacité dépendra notamment de sa mise en œuvre effective, de la régularité des collectes, de la disponibilité des équipements et du suivi des opérateurs chargés de cette mission.

Le drame de Kotto-Bass rappelle surtout que l’insalubrité dépasse désormais la seule question de l’esthétique urbaine. Elle constitue également un enjeu de santé publique, de sécurité routière et de protection des populations.

Dès lors, une interrogation demeure : le nouveau système de management des déchets annoncé pour 2027 permettra-t-il véritablement de tourner la page des montagnes d’immondices qui encombrent les rues de Douala ? Pour les habitants, la réponse ne se trouvera pas uniquement dans les annonces, mais dans les résultats visibles sur le terrain. Car au-delà des projets, les populations attendent une ville plus propre, plus sûre et un service de collecte à la hauteur de leurs besoins.

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