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C’est à travers ces propos interpellateurs qu’Aboubakary Harman Tchiouto, secrétaire général des services du gouverneur de la région du Littoral, a présidé, le jeudi 29 octobre 2026, à la Salle des fêtes d’Akwa, à Douala, la cérémonie d’ouverture de la 8ᵉ édition du Salon Villes et Toits du Cameroun (SVTC) en en présence de Mgr Bernard Honta Tonfe, président du salon par ailleurs Vicaire général, et de Léon Yanda, président du comité technique. Placée sous le thème « Notre quartier, notre responsabilité : assainir et valoriser les déchets ménagers solides pour garantir un logement décent ».

La lutte contre l’insalubrité urbaine passe par un changement de comportement, une meilleure gestion des déchets ménagers et une mobilisation accrue des citoyens.
cette rencontre entend renforcer la mobilisation des pouvoirs publics, des collectivités territoriales, de la société civile et des populations en faveur d’un environnement urbain sain et durable.

Organisée par CODAS-Caritas Douala, sous la vision de S.E. Mgr Samuel Kleda, archevêque métropolitain de Douala, avec l’appui de la Communauté urbaine de Douala (CUD), des communes d’arrondissement et des acteurs institutionnels concernés, cette 8ᵉ édition du SVTC s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation et de recherche de solutions durables aux problèmes d’insalubrité qui affectent la métropole économique.

La croissance démographique et l’expansion urbaine de Douala accentuent les besoins en matière d’assainissement, de gestion des déchets et d’amélioration du cadre de vie. Sur plusieurs axes, notamment l’avenue de Brazzaville et la nouvelle route de Bonabéri, les dépôts anarchiques d’ordures témoignent de l’ampleur du défi. L’accumulation des déchets, l’obstruction des drains et la pollution des cours d’eau favorisent les inondations, exposent les populations aux risques sanitaires et dégradent l’environnement.

Face à cette situation, le salon se positionne comme un cadre de concertation entre les institutions publiques, les collectivités territoriales, les organisations de la société civile et les communautés, afin de promouvoir des pratiques responsables et de faire de la salubrité une préoccupation partagée.

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du gouverneur de la région du Littoral, Aboubakary Harman Tchiouto a salué l’engagement des organisateurs et la contribution de la société civile aux efforts d’assainissement engagés par les pouvoirs publics.
« Nous avons été satisfaits de prendre part à ces activités qui traitent particulièrement, cette année, de l’urbanisation, des déchets, des ordures ménagères et de la salubrité dans la ville de Douala, je profite pour féliciter et encourager les responsables de la Communauté urbaine de Douala. »

Réaffirmant le soutien des pouvoirs publics à cette démarche, le représentant du gouverneur a souligné que l’hygiène et la salubrité dans les quartiers occupent une place importante dans l’action gouvernementale.

Les dépôts sauvages, l’accumulation indifférenciée des ordures et l’encombrement des drains ne sont pas de simples désagréments visuels : ils contribuent aux inondations récurrentes, à la prolifération des maladies et à la dégradation du cadre de vie.
Il a ainsi rappelé que l’habitat décent ne se limite pas aux murs d’un logement. Il suppose également un environnement immédiat sain, sécurisé, salubre et capable de résister aux effets des changements climatiques.

Au-delà du constat, Aboubakary Harman Tchiouto a plaidé pour un changement de paradigme dans la gestion des déchets ménagers solides. Selon lui, « cette responsabilité ne saurait incomber exclusivement aux pouvoirs publics ou aux sociétés de collecte. Elle interpelle également les ménages, les citoyens et les comités de quartier. Le tri à la source, le compostage communautaire des matières organiques et le recyclage du plastique constituent, à ses yeux, des pistes concrètes pour transformer les déchets en ressources économiques et favoriser l’émergence d’activités génératrices de revenus ».

Pour Mr Léon Yanda, Président du comité d’organisation, l’insalubrité observée dans plusieurs quartiers de Douala exige une réponse concertée, fondée sur la sensibilisation et la participation effective des populations.

Il relève notamment la présence de nombreux tas d’ordures abandonnés sur les grands axes, dont l’avenue de Brazzaville et la nouvelle route de Bonabéri. Face à cette situation, » le CODAS-Caritas a engagé une campagne de sensibilisation et d’action ciblant plusieurs quartiers pilotes.
L’objectif est d’amener les familles à prendre pleinement conscience de leur responsabilité dans la lutte contre la pollution et à s’engager concrètement dans l’assainissement de leur environnement. Cette démarche entend faire évoluer les comportements au quotidien, en encourageant le dépôt des déchets dans les espaces appropriés, le tri et la participation aux initiatives communautaires. Pour les organisateurs, l’amélioration durable de la salubrité urbaine dépend autant de l’efficacité des dispositifs de collecte que de l’adhésion des habitants. »

Prenant la parole au nom de l’archevêque métropolitain de Douala, le Vicaire général Mgr Bernard Honta Tonfe, président du salon a inscrit les enjeux du salon dans une réflexion plus large sur la responsabilité humaine à l’égard de l’environnement.

S’appuyant sur la tradition biblique et sur l’encyclique Laudato si’ du Pape François, il a rappelé que la protection de l’environnement ne peut être dissociée des réalités économiques, sociales et humaines.
« Tout est lié ». Soulignant ici la substance, mettant en évidence la nécessité de considérer conjointement la crise environnementale, les inégalités sociales et les difficultés rencontrées par les populations les plus vulnérables.

Pour le Vicaire général, l’insalubrité urbaine constitue « une menace pour la santé publique, mais également un facteur susceptible de ternir l’image des villes. Les rejets anarchiques d’ordures, la pollution par les déchets et les eaux usées favorisent la prolifération des agents responsables de certaines maladies.
Il a toutefois salué les efforts entrepris par les municipalités, les communes et les organisations de la société civile pour améliorer la collecte des déchets, intervenir dans les quartiers éloignés et accompagner les populations vulnérables
« .

Tout en reconnaissant les avancées réalisées, il a estimé que l’ampleur du défi environnemental impose d’aller au-delà des interventions ponctuelles. L’enjeu est désormais de développer des solutions intégrées et durables, notamment à travers le recyclage et le compostage, susceptibles de créer des emplois verts.
Il a enfin insisté sur l’importance de l’organisation communautaire, de la mobilisation citoyenne et de l’implication de tous pour faire de Douala une ville inclusive, résiliente, accueillante et durable.


Après une session spéciale consacrée aux mairies et aux élus locaux, marquée par des échanges autour des responsabilités des collectivités territoriales dans l’amélioration du cadre de vie, les travaux se sont poursuivis à travers plusieurs panels thématiques.
Les discussions ont notamment porté sur la mobilisation des acteurs et l’éducation communautaire, les mécanismes de gestion durable des déchets ménagers solides, ainsi que les liens entre l’habitat et la préservation d’un environnement sain.

Ces échanges ont permis de mettre en lumière la nécessité d’une meilleure coordination entre les pouvoirs publics, les municipalités, les organisations de la société civile et les populations. Ils ont également souligné l’importance de l’éducation environnementale, du tri des déchets à la source et de la valorisation des matières récupérables.

À l’issue des travaux, le secrétaire général des services du gouverneur a renouvelé son appel à une collaboration renforcée entre les collectivités territoriales et les acteurs de terrain.
« J’exhorte les collectivités territoriales, notamment la Communauté urbaine de Douala et les mairies d’arrondissement, à poursuivre et à renforcer leurs synergies avec les acteurs de terrain, afin d’intégrer pleinement ces solutions dans le schéma directeur ».

À travers cette 8ᵉ édition du Salon Villes et Toits du Cameroun, les organisateurs entendent faire de la salubrité une responsabilité collective et un pilier de l’habitat décent. Les différentes interventions convergent vers une même exigence : améliorer durablement le cadre de vie en associant les politiques publiques, l’action municipale, l’engagement citoyen et la valorisation économique des déchets. Le défi reste important pour Douala, confrontée aux effets conjugués de l’expansion urbaine et des comportements inciviques. Mais la mobilisation des dix groupes d’écocitoyens, l’action des associations et l’engagement affiché des autorités constituent des leviers à consolider. Car, au-delà des discours, la réussite de cette ambition dépendra de la capacité de chaque ménage à adopter des gestes responsables et de celle des institutions à pérenniser les solutions proposées. Faire de Douala une ville plus propre commence ainsi dans chaque quartier, au quotidien, par le refus des dépôts sauvages et la volonté de protéger un environnement commun.

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