
Plus d’une vingtaine de journalistes ont pris part, vendredi 11 septembre 2026 à la direction générale de MTN Cameroon, à une session de formation consacrée à la sauvegarde et à la protection des enfants en ligne. Organisée avec l’appui de MTN Cameroon et de Plan International, cette rencontre visait à renforcer les capacités des professionnels des médias sur les enjeux juridiques, éthiques, déontologiques et psychologiques liés au traitement des informations concernant les mineurs.

Faire du numérique un espace plus sûr pour chaque enfant. C’est l’ambition portée par cette initiative qui a permis aux hommes de médias d’approfondir leur compréhension des violences faites aux enfants et des précautions à prendre lorsqu’ils couvrent ces situations.
Le Magistrat et Président du CAMP, Ulrich Xavier Ovono Ondoua, a abordé les violences faites aux enfants sous l’angle du droit et la prévention des préjudices liés à leur médiatisation. Son intervention a notamment mis en évidence les dangers liés à l’exposition des mineurs victimes de violences sexuelles sur internet.

« Dans 10 ans, quand elle verra sa photo sur internet disant qu’elle a été violée, quel sera son sentiment ? Aurait-on pu traiter de son cas sans afficher son image ? Qu’est-ce que la diffusion de son image a apporté en plus dans le traitement de l’information ? ».
Cette série de 3 questions soutenue d’une image, invite les journalistes à mesurer les conséquences de leurs choix éditoriaux.

Plus loin dans les échanges , le Magistrat, précise que cette image soulève un enjeu éthique et déontologique majeur dans le traitement médiatique des mineurs victimes de violences sexuelles. La publication du visage peut entraîner une stigmatisation durable et compromettre la reconstruction de la victime. Il estime que l’information aurait pu être traitée avec la même rigueur, en protégeant son identité par le floutage, des visuels anonymes ou les initiales, dans le respect de « l’intérêt supérieur de l’enfant ». D’où, l’exposition du portrait n’apporte aucune information supplémentaire et risque de faire basculer le journalisme d’intérêt public vers le voyeurisme.
La question de la représentation des enfants a également été développée par Josiane Nzouke, spécialiste de la sauvegarde et de la PSHEA à Plan International Cameroon. Elle a insisté sur l’utilisation d’images appropriées, en évitant notamment toute photographie exposant la nudité ou les parties intimes d’un enfant.

De son côté, Dr Jeannette Afounde, médecin de santé publique, a présenté les conséquences des violences sur la santé de l’enfant. Sur le plan psychologique, celles-ci peuvent entraîner anxiété, peur persistante, troubles du sommeil, honte, culpabilité, perte d’estime de soi, repli sur soi et difficultés à faire confiance aux autres. Ces traumatismes peuvent également affecter durablement le développement et la reconstruction de l’enfant.

Parmi les participantes, Élise Tchuenkam, journaliste et directrice de publication du média en ligne Expressnews237, a souligné l’importance de cette formation pour les professionnels de la presse. « Cette formation nous rappelle que derrière chaque information concernant un enfant, il y a une vie, une dignité et un avenir à protéger. En tant que professionnels des médias, nous devons donc être davantage responsables dans le choix de nos images, de nos mots et de la manière dont nous relayons ces informations »

Pour Paul Henry Mbongo, External Communication Manager à MTN Cameroon, les journalistes doivent transformer les acquis de la formation en productions concrètes. Il les a notamment invités à profiter des Awards lancés dans le cadre de l’initiative, en envoyant leurs articles dans les délais et en privilégiant la qualité des contenus. « C’est de cette façon que vous donnerez un sens à cette formation reçue »
Ces propos rappelent que MTN Cameroon contribue à la médiatisation pour la promotion des droits de l’enfant.

Pour Dr Eddy Patrick Donkeng, Head of Communication & Influencing à Plan International Cameroon, les participants font partie des premiers professionnels formés sur ces questions en Afrique centrale. À-cours terme, Plan International ambitionne de travailler avec le Ministère de la Communication afin que les journalistes ayant reçu cette formation bénéficient d’une certaine reconnaissance leur permettant de couvrir de façon systématique les événements organisés par l’un des 87 pays de la Fédération de Plan International.
« On y arrivera si vous nous aidez à justifier la valeur ajoutée de cette formation »
Ainsi , il invite les participants à mettre effectivement en pratique les connaissances acquises.

Au terme des échanges, un principe majeur s’impose : informer sans nuire. À l’ère du numérique et des réseaux sociaux, la protection de l’enfant doit ainsi rester au cœur de la responsabilité journalistique.
