
La réflexion sur la gestion concertée des ressources naturelles en Afrique centrale devient au fil des années une priorité pour la CEMAC. Réunie du 20 au 25 avril 2026 dans la capitale économique camerounaise, la Commission de la CEMAC pilote une concertation régionale dédiée à l’élaboration de l’avant-projet du futur Code minier communautaire. Les travaux ont été ouverts par Fulgence Likassi-Bokamba, Commissaire en charge de la Bonne Gouvernance à la Commission de la CEMAC, qui a souligné d’emblée qu’il s’agit « d’une étape décisive dans un processus entamé en 2023 ».

Organisées à Douala, ces assises rassemblent un éventail d’acteurs clés : sénateurs, parlementaires, responsables des administrations en charge des Mines, ainsi que des institutions financières et techniques de premier plan, à l’instar de la BEAC, de la COSUMAF, de la BVMAC et de l’ISSEA, ainsi que des représentants de la société civile et du secteur privé. Une mobilisation que le Commissaire présente comme essentielle pour enrichir un texte « appelé à intégrer les amendements de l’ensemble des parties prenantes ».
Dans sa prise de parole,le Commissaire Fulgence Likassi-Bokamba a insisté sur la singularité de la démarche engagée : « doter l’Afrique centrale d’un cadre législatif communautaire souverain, conçu exclusivement par des experts locaux ». Des compétences issues du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Tchad sont ainsi mobilisées, marquant une rupture avec le recours systématique à des consultants extérieurs.

Il a également précisé que cette rencontre constitue une phase de validation technique, « qui s’étend jusqu’à samedi », et qui permettra d’aboutir à un document consolidé avant sa transmission aux ministres sectoriels, puis au Conseil des ministres de la CEMAC pour adoption.
Pour cette rencontre, l’objectif principal était de parachever l’avant-projet du Code minier Communautaire, appelé à suivre un processus institutionnel rigoureux : validation par les ministres des Mines, examen par le Parlement communautaire, puis adoption par le Conseil des ministres de l’UEAC.

Au-delà de l’aspect procédural, le Commissaire met en avant un enjeu de fond : « substituer aux politiques nationales isolées une force de négociation commune face aux partenaires internationaux », grâce à un document de référence unique pour l’ensemble de l’espace CEMAC.
Les travaux s’articulent autour de quatre axes majeurs : l’alignement sur la Vision Minière Africaine, le renforcement de la bonne gouvernance, l’harmonisation des législations nationales et la mise en valeur des expertises sous-régionales. Autant de leviers qui doivent permettre de bâtir un cadre cohérent et attractif.
Dans cette perspective, le Commissaire Fulgence Likassi-Bokamba rappelle que l’ambition est aussi de « protéger les intérêts économiques des États membres » tout en assurant une meilleure régulation des activités extractives.

L’élaboration de ce Code minier communautaire répond également à des préoccupations environnementales et sanitaires. Le Commissaire évoque la nécessité de « réguler les impacts de l’extraction », dans un contexte où l’exploitation des ressources naturelles soulève des défis croissants en matière de durabilité.
En toile de fond, c’est bien la question de la souveraineté économique qui se pose. En se dotant d’un cadre commun, la CEMAC entend renforcer sa capacité à maîtriser ses ressources et à en optimiser les retombées au bénéfice des populations.

Dans un environnement international de plus en plus compétitif, cette initiative pourrait permettre à l’Afrique centrale de parler d’une seule voix et de mieux défendre ses intérêts stratégiques sur le marché mondial des ressources minières.
