
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, Volker Türk, a conclu sa visite officielle au Cameroun ce 7 août 2024, marquée par une conférence de presse tenue à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC) à Yaoundé. Le Pr James MOUANGUE KOBILA, Agrégé en Droit Public , Président de la Commission des Droits de l’Homme au Cameroun (CDHC), ainsi que plusieurs commissaires, ont assisté à cet événement qui a permis de dresser un état des lieux des Droits humains dans le Pays.
Lors de sa déclaration, M. Türk a exprimé sa gratitude envers le Gouvernement Camerounais pour l’accueil chaleureux qui lui a été réservé et pour la disponibilité des autorités à engager des discussions sur un large éventail de questions relatives aux droits humains.
Il a souligné le lien personnel qu’il entretient avec le Cameroun, où il a collaboré de manière étroite avec le peuple camerounais pendant de nombreuses années.

Le Haut-Commissaire a reconnu les défis complexes auxquels le Cameroun est confronté en matière de droits humains, mais il a également mis en avant les opportunités offertes par sa jeune population. Avec plus de 40% des Camerounais âgés de moins de 15 ans, le pays dispose d’une énergie juvénile et d’une société civile dynamique, éléments essentiels pour l’avenir des droits humains au Cameroun. M. Türk a souligné l’importance de l’engagement des jeunes dans les mouvements sociaux mondiaux, notamment dans la lutte contre le changement climatique, la quête d’égalité et l’exigence de redevabilité.

En évoquant le processus électoral à venir, M. Türk a insisté sur la nécessité de renforcer l’inclusion politique.
Il a plaidé pour une participation accrue de toutes les composantes de la société, notamment les jeunes, les femmes, les populations des zones touchées par des conflits, les personnes déplacées internes et les personnes vivant avec un handicap.
Selon lui, la protection de l’espace civique est essentielle pour permettre des débats ouverts et constructifs, indispensables à la vitalité d’une démocratie.
Abordant les crises sécuritaires qui secouent certaines régions du Cameroun, M. Türk a exprimé sa préoccupation face à la gravité des violations des droits humains dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, touchées par le conflit armé, ainsi que dans l’Extrême-Nord, où Boko Haram continue de semer la terreur. Il a également évoqué les répercussions de la crise en République centrafricaine dans la région de l’Est du Cameroun.

Le Haut-Commissaire a appelé à mettre fin à ces conflits par le dialogue, la réconciliation et l’obligation de rendre des comptes. Il a insisté sur l’importance de protéger les droits des enfants à l’éducation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où les activités des groupes séparatistes restreignent la liberté de circulation et imposent des jours de confinement.
En juin 2024, le Cameroun comptait environ un million de personnes déplacées internes et 3,4 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire. Face à cette situation alarmante, M. Türk a lancé un appel à la communauté Internationale pour une mobilisation accrue afin de répondre adéquatement aux besoins humanitaires croissants.

Le Haut-Commissaire a également abordé la crise climatique qui exacerbe les tensions entre communautés dans l’Extrême-Nord, une région particulièrement vulnérable à la sécheresse et à la désertification.
Ces défis environnementaux ajoutent une dimension supplémentaire aux tensions sociales et aux violations des droits humains dans cette partie du pays.
M. Türk a insisté sur la nécessité de lutter rigoureusement contre l’impunité, soulignant que cette lutte doit s’appliquer à tous, quel que soit le statut des auteurs de violations des Droits humains.

Il a réitéré l’importance d’enquêtes indépendantes et transparentes pour renforcer la confiance entre les citoyens et l’État, et a salué les assurances données par le gouvernement à cet égard.
Lors de ses rencontres avec la société civile, M. Türk a discuté des préoccupations relatives aux restrictions de la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.
Il a exhorté les Autorités Camerounaises à protéger les défenseurs des droits humains et à garantir un environnement sûr et inclusif en vue des élections de 2025 et 2026.

Par ailleurs, le Haut-Commissaire a plaidé pour une augmentation de la représentation des femmes dans les postes de responsabilité. Il a appelé à l’adoption de législations exhaustives pour protéger les femmes contre les violences et a encouragé le Gouvernement à poursuivre ses efforts en faveur de l’égalité des genres.
M. Türk a conclu en réitérant l’engagement de son bureau à Yaoundé à fournir des conseils et une assistance pour soutenir les efforts du Cameroun en matière de droits humains.
Il a remercié le Gouvernement Camerounais pour son soutien, notamment pour la fourniture de nouveaux locaux pour le bureau régional.

En prévision de la présidence prochaine du Cameroun à l’Assemblée générale des Nations Unies, M. Türk a exprimé son espoir de continuer à travailler en étroite collaboration avec le Cameroun pour promouvoir les valeurs universelles des droits humains sur les scènes Régionale et Internationale.

