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Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC), avec l’appui du National Endowment for Democracy (NED), a réuni du 12 au 13 Mars les défenseurs des droits humains issus d’organisations non gouvernementales, de la société civile et des médias. Cette rencontre de deux jours à Douala s’inscrivait dans le cadre d’un séminaire de formation des enquêteurs sur la documentation transnationale des violations de l’espace civique, visant à renforcer les capacités des acteurs engagés dans la défense des libertés publiques au Cameroun et dans la sous-région.

Sous l’impulsion de la Directrice générale Maximilienne Ngo Mbe du REDHAC, avec l’implication du Coordonnateur des programmes Marni Épée marcel et de toute l’équipe de l’organisation, associés aux experts présents, les participants ont été outillés sur les méthodes d’enquête, de collecte et d’analyse des informations liées aux violations de l’espace civique. Parmi les intervenants figuraient notamment le Dr Pierre Flambeau Ngayap, sénateur UNDP du Littoral, le coordonnateur de Un Monde Avenir, Philippe Nanga, ainsi que l’éminent journaliste Serge Aimée Bikoï.

Au cours de la formation, plusieurs concepts fondamentaux ont été développés, notamment « espace civique », « violation », « restriction », « documentation », « rapport », « espace numérique », « droit », « enquête », « archives » et « libertés ». Les échanges ont permis de mieux comprendre les mécanismes d’observation et de documentation des atteintes aux libertés publiques.

Les travaux en groupe ont également constitué un moment important de la formation. Ils ont permis aux participants de partager leurs expériences vécues en lien avec la thématique de la documentation des violations de l’espace civique, favorisant ainsi un apprentissage participatif et un échange d’expériences entre acteurs de la société civile, journalistes et défenseurs des droits humains.

À travers les présentations et les discussions participatives, les organisateurs ont insisté sur l’importance de produire des informations fiables et vérifiées. Selon Philippe Nanga, l’objectif repose sur trois dimensions essentielles : « assurer, s’assurer et rassurer », une démarche qui contribue à « consolider la paix et la cohésion sociale ».

Les participants ont également été sensibilisés au principe « Do no harm » (ne pas nuire), un principe central dans le travail d’enquête. Celui-ci consiste à éviter d’aggraver une situation ou d’influencer les témoignages des personnes interrogées. Pour l’éminent journaliste Serge Aimée Bikoï, « il faut faire le maximum d’efforts pour ne pas aggraver la situation et amener les personnes à nous faire confiance afin de recueillir les informations auprès d’elles ».

Selon Marni Epee Marcel, coordonnateur des programmes au REDHAC, « l’atelier de formation actuel s’inscrit dans un programme global de documentation des violations des droits de l’homme, né du constat que le Cameroun et le Tchad partagent des défis similaires dans ce domaine. L’objectif principal est de constituer une base de données solide et vérifiée pour mener un plaidoyer efficace, tant au niveau régional qu’international ».

Il précise également que « pour moderniser et fiabiliser la remontée d’informations, une application numérique de collecte de données a été développée spécifiquement pour ce projet. Cette plateforme permettra de centraliser les rapports des enquêteurs sur un serveur au siège du REDHAC où les données seront analysées, vérifiées et triangulées avant d’être publiées ».

Pour l’éminent journaliste Serge Aimée Bikoï, le contexte sociopolitique actuel exige une attention particulière de la part des dirigeants. « Le climat sociopolitique actuel nécessite une attention particulière afin de répondre aux attentes légitimes de la population. Les médias ont également un rôle crucial dans la sensibilisation des citoyens et la dénonciation des injustices », a-t-il souligné.

Parmi les participants, Ange Batonda, enseignante, retient plusieurs enseignements importants : « Une restriction est une limitation de possibilités, tandis qu’une violation correspond à un empêchement de jouissance d’un droit prévu par la loi. Cette formation avait pour objectif de montrer aux enquêteurs comment surveiller, documenter et reporter les cas sur le terrain afin de produire des rapports pouvant servir de plaidoyer ».

Elle ajoute également : « Dans un rapport, il faut établir clairement la scène : ce qui s’est passé, vérifier les informations auprès des victimes ou des contacts, définir le contexte spatio-temporel, expliquer comment l’incident est survenu et les raisons qui l’ont provoqué. Même si certaines victimes se rétractent, notre devoir est d’archiver les informations, car elles pourront toujours revenir sur leurs déclarations et ces archives pourront servir à poursuivre la procédure ».

Dans le cadre de la modernisation du processus de collecte de données, Narcisse Fotso, promoteur de Univers Solution, a présenté la plateforme web et mobile développée pour le REDHAC. « En tant que promoteur d’Universal Solution, nous avons été sollicités par le REDHAC pour mettre en place une plateforme web et mobile dédiée à la défense des droits civiques. L’objectif de cet atelier était de présenter cet outil structuré autour d’une interface administrative et d’une autre pour les utilisateurs. Les participants disposent désormais d’un moyen concret pour soumettre des cas de violation des droits civiques », a-t-il expliqué.

À travers cette initiative, le REDHAC et ses partenaires entendent renforcer les capacités des acteurs de la société civile et des médias à documenter de manière rigoureuse les violations de l’espace civique, afin de contribuer à une meilleure protection des libertés fondamentales dans la sous-région.

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