
Face au Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, et aux chefs d’entreprises réunis au siège du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) le Président du patronat, Célestin Tawamba, n’a pas mâché ses mots : « Plus on investit dans les barrages, moins il y a de l’électricité ». Une déclaration forte faite lors de l’atelier de concertation tenu à Douala, le 22 janvier 2026, et modéré par le Ministre lui-même.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite de travail du Ministre dans la capitale économique. Elle visait à mettre les opérateurs économiques au même niveau d’information sur les actions engagées par le Gouvernement pour faire face aux défis persistants du secteur électrique, pilier stratégique du développement industriel et économique du Cameroun.
Cependant, malgré les assurances données en février 2025 lors d’un précédent exercice similaire, les industriels continuent d’exprimer leur frustration face à la qualité et à la quantité de l’énergie électrique fournie.
« Avec le temps, on se rend compte que rien n’avance, avec un déficit de 500 mégawatts qu’on pensait combler avec les 420 MW de Nachtigal », a souligné le Président du GECAM.

En réponse à ces préoccupations, Gaston Eloundou Essomba a dressé un état des lieux des difficultés opérationnelles. Il a évoqué les pannes récurrentes de certaines machines, les contraintes techniques des équipes sur le terrain, mais surtout l’impact des changements climatiques.
Selon le Ministre, les barrages, notamment Nachtigal et bien d’autres, subissent une baisse significative des apports en eau, causée par une faible pluviométrie durant la période d’étiage, entraînant un déficit hydrologique estimé à près de 3 milliards de mètres cubes d’eau.
« Ce matin à 9h04, Nachtigal ne produisait que 246 mégawatts sur les 420 MW installés, en raison d’un débit limité à 600 m³ d’eau par seconde », a-t-il précisé.

Au-delà des contraintes techniques, le Ministre a pointé du doigt ce qu’il qualifie de « principal mal » du secteur : un déséquilibre financier évalué à environ 13 milliards FCFA, qu’il juge impératif de résoudre pour garantir la viabilité du système électrique.
Pour combler le déficit de production, le Gouvernement mise sur la diversification énergétique, notamment à travers le développement des Centrales à gaz, destinées à réduire la dépendance aux aléas hydrologiques.
Ainsi pendant 4 heures d’échanges plusieurs propositions urgentes ont été présentées pas le Ministre et son équipe, Parmi les autres pistes évoquées aucour de cette rencontre figurent :
La construction de nouvelles lignes électriques , La réhabilitation des postes sources, notamment dans les zones stratégiques comme Édéa et Douala,
Le Compact Énergétique du Cameroun, soutenu par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, visant à élargir l’accès à l’électricité à plus de 300 millions de ménages d’ici 2030 et enfin
La renationalisation en cours d’ENEO Cameroon, avec l’objectif de renforcer la stabilité et la performance du service public.
Le Ministre a salué l’importance de ces cadres de dialogue, qu’il considère comme essentiels pour ajuster les réformes en cours aux réalités du secteur privé et bâtir une stratégie énergétique plus réaliste et durable.
Il a également présenté les opportunités offertes aux entreprises locales dans la mise en œuvre du Compact énergétique, appelant à une participation accrue du patronat dans la transformation du secteur.
