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Dans un contexte marqué par les séquelles de la crise postélectorale consécutive à l’élection présidentielle de 2025, Mme Makini Tchameni, épouse de l’homme politique Mr Djeukam Tchameni, a procédé ce lundi à Douala au lancement officiel du Collectif des Femmes et Mères (COFEM). Cette nouvelle organisation citoyenne ambitionne d’apporter un soutien multiforme aux prisonniers politiques et à leurs familles.

Face à la presse ce 19 Janvier à Douala, Mme Makini Tchameni a expliqué la genèse de cette initiative née de son vécu personnel et de la souffrance partagée par de nombreuses familles confrontées à des arrestations répétées de leurs proches.

« J’ai lancé le COFEM pour soutenir tous mes frères et sœurs qui, comme moi, ont des proches constamment arrêtés. Avec mon époux, dont la vie politique est jalonnée d’interpellations, je veux aussi partager mon expérience et transformer cette douleur en action collective », a-t-elle déclaré.

L’épouse de Djeukam Tchameni est longuement revenue sur la situation de son mari, incarcéré depuis le 24 octobre 2025 à Douala, dans des circonstances qu’elle qualifie de troubles. Leader politique, enseignant, chef d’entreprise et activiste, Djeukam Tchameni est un membre influent de l’Union pour le Changement, formation politique aux côtés d’Anicet Ekane (de regrettée mémoire), et avait soutenu le Ministre Issa Tchiroma lors de la dernière Présidentielle du 12 octobre dernier.
Visiblement émue, Makini Tchameni n’a pas caché son inquiétude quant à l’état de santé de son époux.

« Je suis inquiète pour la santé de Djeukam », a-t-elle lancé, décrivant le cri d’alerte d’une femme meurtrie par une détention prolongée. Elle affirme l’avoir vu pour la dernière fois mercredi dernier et évoque une santé devenue particulièrement fragile.
Ce point de presse s’est tenu en collaboration avec Femmes Africaines pour le Développement (FAD), à travers son activité phare « Cris de Femmes », ainsi qu’avec le COFEM. Ces organisations entendent promouvoir la solidarité entre les familles des détenus politiques, plaider pour leur libération et leur apporter une assistance légale et humanitaire.

Aux côtés de Mme Makini Tchameni, la doyenne Henriette Ekwe, journaliste panafricaniste, militante de l’UPC et figure emblématique de l’activisme politique depuis plus de quarante ans, a salué l’engagement des femmes dans les processus d’apaisement des crises.

« En Argentine, au Chili et même au Cameroun, les femmes ont souvent œuvré à l’apaisement des tensions sociopolitiques, notamment en période de crise », a-t-elle rappelé.

Une démarche dans laquelle s’inscrit pleinement Makini Tchameni, qui affirme s’être longtemps formée aux côtés de Winnie Mandela en Afrique du Sud. Forte de cette expérience, elle souhaite aujourd’hui la mettre au service des femmes, mères et filles du Cameroun à travers le COFEM.

La rencontre avec la presse avait également pour objectif d’appeler les femmes à rejoindre cette dynamique citoyenne et d’annoncer l’organisation prochaine d’un Fundraising en faveur des personnes incarcérées dans le cadre de la Crise postélectorale. Une remise de dons est par ailleurs annoncée pour la fin de la semaine dans plusieurs établissements pénitentiaires.

Parmi les leaders toujours détenus figure Djeukam Tchameni, né le 1er mars 1961 à Baré, dont l’état de santé demeure préoccupant. Malgré cette situation, il reste incarcéré, une réalité que le COFEM et ses partenaires entendent désormais porter sur la place publique, dans l’espoir d’une issue humanitaire et politique.

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