
La campagne de vaccination contre la rougeole et la rubéole, organisée du 14 au 18 octobre 2026, affiche des résultats jugés satisfaisants dans la région du Littoral. Ce bilan a été présenté au cours d’une rencontre d’évaluation le Mardi 03 Novembre 2026 dans la de conférences de la Délégation régionale de la Santé Publique du Littoral, présidée par Charles Yopndoi, Délégué régional de la Santé publique pour le Littoral, en présence de Léonard Ewane, Coordonnateur régional du Programme élargi de vaccination (PEV/Littoral), et des différentes parties prenantes.
Les travaux ont permis de relever une nette amélioration des performances par rapport aux précédentes campagnes. Selon les données du monitoring indépendant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), une grande majorité des districts de santé ont enregistré un taux d’enfants manqués inférieur à 5 %. Le district de santé de Bonassama, à Douala, s’est particulièrement illustré avec un taux d’enfants manqués ramené à environ 2 %.
Prenant la parole à cette occasion, Charles Yopndoi a dressé un bilan globalement positif de cette opération sanitaire. « Cette réunion d’évaluation de la campagne de vaccination contre la rougeole et la rubéole dans la région du Littoral dresse un bilan globalement satisfaisant, marquant une amélioration significative par rapport à la situation épidémique initiale. Grâce à l’implication de la hiérarchie, des structures sanitaires, des partenaires et des autorités administratives, la majorité des districts ont pu sortir de l’épidémie, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les activités de terrain pour rattraper les enfants manqués et réduire durablement la mortalité infantile « .

Ces résultats témoignent des efforts conjugués des équipes sanitaires, des partenaires et des acteurs communautaires pour améliorer la couverture vaccinale. Ils traduisent également une meilleure mobilisation autour de cette intervention de santé publique, même si certaines zones nécessitent encore des efforts supplémentaires.
Sur le terrain, certains districts ont dû faire face à des contraintes géographiques et logistiques particulières pour atteindre les populations cibles. C’est notamment le cas du district de santé de Manoka. Son chef de district de Santé, le Dr NDOUMBE Fils, est revenu sur les difficultés rencontrées lors de cette campagne. « Lors de la campagne de vaccination organisée du 14 au 18 octobre 2026, le district de santé de Manoka, caractérisé par son insularité et ses 46 îlots accessibles uniquement par voie maritime, a fait face à des défis majeurs liés au déplacement des équipes et à la logistique du transport et de la conservation des vaccins, lesquels ont été surmontés grâce à l’utilisation d’embarcations motorisées, à l’établissement d’un calendrier rigoureux communiqué aux populations, et à la mise en place de glacières réfrigérées pour le ravitaillement quotidien, permettant ainsi d’atteindre une couverture vaccinale administrative de 96,26 % ».

Dans le district de santé de Boko, notamment dans la zone de Boko Village, le meilleur en terme de performance de couverture, les équipes ont également été confrontées à des difficultés liées aux réalités socio-économiques et à l’accessibilité de certaines localités. Le chef de district de santé, Dr Nogbe Guy Martin, a expliqué les stratégies mises en œuvre pour relever ces défis : « Lors de la campagne de vaccination organisée dans le district de santé de Boko (zone de Boko Village), les principales difficultés ont résidé dans le contexte urbano-rural du district, marqué par des problèmes d’accès dans les quartiers et des disparités du niveau socio-économique de la population, mais ces obstacles ont pu être surmontés grâce à l’adaptation des stratégies, au soutien de la hiérarchie et à l’implication précieuse des acteurs communautaires, notamment le secteur éducatif et les formations sanitaires, permettant d’assurer une couverture vaccinale administrative de 96,26 %. »
Du côté d’Édéa, l’évaluation de la campagne met également en évidence l’importance de cette intervention dans le rattrapage vaccinal des enfants insuffisamment suivis. Le Dr Souga Steve, Chef du district de santé d’Édéa, souligne les retombées sanitaires de cette opération : « À la fin de la campagne de vaccination contre la rougeole dans le district de santé de Dilla, l’évaluation est globalement satisfaisante car elle a permis de rattraper le temps perdu pour vacciner tous les enfants qui ne suivaient pas normalement la vaccination et d’éviter la survenue de cas graves. »
S’agissant des performances globales de la région, Dr Léonard Ewane, Coordonnateur du PEV pour le Littoral, apporte des précisions sur les résultats de la couverture vaccinale et les conclusions du monitoring indépendant. « En ce qui concerne la couverture administrative dans la région du Littoral, celle-ci s’élève à environ 91 %, bien que ce chiffre soit basé sur des données transmises qui seront optimisées lors de la saisie des données de rattrapage. Par ailleurs, l’enquête indépendante menée par l’OMS place la région dans une position très favorable, soulignant que sur les 24 districts de santé, 15 ont enregistré moins de 5 % d’enfants non vaccinés, tant au sein des ménages qu’en dehors de ceux-ci.
Bien que certains parents manifestent une hésitation face à la vaccination, des enquêtes locales et une analyse des causes profondes ont permis d’identifier que le manque d’informations fiables et la peur des effets secondaires en sont les principales raisons. Pour y remédier, des actions sont menées afin de convaincre les parents de l’importance cruciale de la vaccination pour leurs enfants. De plus, un système de prise en charge est mis en place pour gérer d’éventuels effets secondaires, sachant que, depuis le début des campagnes, aucun décès ni effet secondaire grave n’a été enregistré, seuls des effets mineurs et passagers ayant été observés ».
À l’occasion de cette évaluation-bilan, les autorités sanitaires ont rappelé que la vaccination demeure essentielle pour protéger durablement les enfants contre la rougeole et la rubéole. Les parents sont ainsi invités à respecter le calendrier vaccinal, qui prévoit deux doses : la première à 9 mois et la seconde à 15 mois.
Pour combler les insuffisances constatées pendant la campagne d’octobre, une opération de rattrapage est programmée du 6 au 8 novembre 2026. Elle permettra de retrouver les enfants qui n’ont pas été atteints dans les zones insuffisamment desservies.
Les autorités sanitaires ont, par ailleurs, exprimé leur reconnaissance aux différentes parties prenantes ainsi qu’aux professionnels des médias pour leur accompagnement dans la sensibilisation et la mobilisation des populations.
Au-delà des performances enregistrées, l’enjeu reste de réduire davantage le nombre d’enfants non vaccinés et de consolider les acquis pour une meilleure protection sanitaire des enfants dans toute la région du Littoral.
