
À l’approche de l’échéance du 18 décembre 2026 fixée pour la disparition des whiskies en sachet, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT) a engagé des opérations de mise en conformité des unités de production et de distribution. Cette campagne vise à assainir le secteur industriel, renforcer les contrôles et sanctionner les opérateurs non conformes, tout en accompagnant la transformation structurelle de l’économie nationale à travers la valorisation des grands projets miniers, notamment la bauxite de Minim-Martap.

Face à la presse ce vendredi 26 juin 2026 à Douala, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique intensifie la lutte contre les whiskies en sachet. À l’issue d’une mission de travail de trois jours dans la région du Littoral, le Ministre par intérim, le Pr Fuh Calistus Gentry, a annoncé le lancement effectif des opérations de mise en conformité des unités de production et de distribution.

Il a rappelé la détermination du gouvernement à faire respecter la réglementation dans les secteurs des mines et de l’industrie. Toute activité exercée sans autorisation ou en marge des normes en vigueur fera l’objet de sanctions administratives et, si nécessaire, de poursuites judiciaires. Une période transitoire est toutefois accordée aux opérateurs afin de se conformer aux exigences légales.

Concernant les whiskies en sachet, les contrôles de qualité sont déjà en cours. Les produits jugés non conformes seront retirés du marché avant même l’échéance fixée, tandis qu’après le 18 décembre 2026, aucune tolérance ne sera admise.
L’inspecteur général des mines a par ailleurs rappelé » la rigueur du dispositif de contrôle, soulignant que toute implantation industrielle sans autorisation, sans étude de danger ou sans dossier réglementaire constitue une infraction. Ces manquements exposent les contrevenants à des sanctions administratives et pénales. Il a insisté sur le fait que toutes les irrégularités constatées sur le terrain feront systématiquement l’objet de poursuites, citant notamment des cas d’industries abandonnées par leurs responsables lors de récentes descentes d’inspection ». Il a appelé les opérateurs à se mettre en conformité sans délai afin d’éviter des mesures coercitives.
Dans la même dynamique, le MINMIDT poursuit l’assainissement du tissu industriel national. Plus de 1 000 infractions ont déjà été relevées, entraînant des poursuites contre environ 110 sociétés minières et près de 300 entreprises industrielles, pour un montant estimé à plusieurs milliards de FCFA d’amendes.

Au-delà des mesures de contrôle, le gouvernement met également l’accent sur les projets structurants du secteur minier. Le projet de bauxite de Minim-Martap, considéré comme stratégique, entre progressivement dans sa phase opérationnelle. Structuré en neuf composantes, il a déjà franchi une étape importante avec l’arrivée à Douala de locomotives et d’équipements lourds destinés à la société Camalco, à la suite de missions techniques menées en Asie.
Pour sécuriser la chaîne logistique, Camalco a intégré le capital de Camrail. Le transport du minerai reposera dans un premier temps sur le corridor ferroviaire Ngaoundéré–Douala, soutenu par des financements publics et de la Banque mondiale, en attendant la mise en place d’infrastructures plus directes vers les zones portuaires du Sud.

Le projet repose sur un gisement estimé à haute valeur ajoutée, dont une première tranche de 150 millions de tonnes sera exportée, tandis que le reste de la ressource devrait alimenter un programme de transformation locale à Ngaoundéré. Selon les autorités, la qualité du minerai permet de supporter des coûts logistiques élevés, comparativement à d’autres pays producteurs situés à proximité immédiate des côtes.
Le démarrage des exportations est annoncé pour octobre 2026. Une échéance symbolique, présentée comme le début d’une nouvelle dynamique industrielle. « Pendant qu’il y aura les obsèques du whisky en sachet, il y aura la naissance des exportations de la bauxite », a déclaré le Ministre par intérim.
Le gouvernement affirme que ces réformes visent à renforcer la discipline industrielle, protéger les consommateurs et accélérer la transformation locale des ressources naturelles, dans une logique de montée en valeur ajoutée et d’industrialisation durable.

À quelques mois de l’échéance fixée, les opérateurs disposent encore d’un délai pour se conformer. Passé ce délai, les sanctions seront appliquées sans exception, tandis que l’État entend parallèlement consolider les bases d’une nouvelle économie minière tournée vers l’exportation et la transformation locale.
