
La 3ᵉ édition du camp de vacances inclusif du Centre Multifonctionnel de Bépanda (CMB) s’est achevée ce mercredi 13 août 2026, au terme d’un mois consacré à l’apprentissage, à la créativité et au vivre-ensemble. Coordonnée par l’équipe du camp et sous l’impulsion de Mme Else Kingue Lengue, administratrice du CMB, cette initiative a réuni 32 enfants, dont 7 à 8 enfants à besoins spécifiques, notamment des enfants autistes et socialement vulnérables.

Placée sous le thème « Talents en liberté », cette édition a transformé le CMB en un espace d’apprentissage, de découverte et d’inclusion. Durant plusieurs semaines, les enfants ont été initiés à diverses activités : danse, natation, théâtre, broderie, perlage, poterie, pâtisserie, numérique, sorties et excursions. Une programmation pensée pour permettre à chacun de développer ses capacités tout en favorisant les échanges entre enfants valides et enfants à besoins spécifiques.
La cérémonie de clôture a été présidée par M. Kingue Edjenguele, Directeur de la Culture, des Affaires Sociales, de la Jeunesse et des Sports de Douala. Devant les parents, les encadreurs et les responsables du centre, les enfants ont présenté les connaissances et savoir-faire acquis durant leur séjour. Prestations artistiques, démonstrations et présentations des différents ateliers ont permis aux familles de mesurer le travail accompli.

Prenant la parole au nom du Maire de la Ville, le représentant de l’exécutif municipal a rappelé la philosophie qui accompagne cette action. « Depuis l’arrivée du maire de la Ville, Dr Roger Mbassa Ndinè, à la tête de la municipalité, sa vision a toujours été l’humain. C’est pourquoi le CMB noue des partenariats et met en place des initiatives qui permettent de répondre aux besoins des populations, notamment des enfants. À travers ce camp de vacances inclusif, nous voulons offrir à chaque enfant un cadre d’apprentissage, d’épanouissement et de partage, sans distinction ».

Pour les responsables du programme, le camp répond à une nécessité : occuper utilement les enfants pendant les grandes vacances tout en favorisant leur développement personnel. « Au lieu que les enfants restent à ne rien faire à la maison, à regarder la télévision ou à s’ennuyer, nous avons créé des vacances utiles », explique Mme DJOCK Lucille, coordinatrice du camp.
Selon Mme Else Kingue Lengue, l’originalité de l’initiative réside surtout dans son caractère inclusif. « On a pensé que les enfants à besoins spécifiques doivent également se retrouver dans un milieu où ils se mélangent avec les autres, apprennent des autres et grandissent ensemble « . Ainsi Théâtre, danse, numérique, sorties et excursions ont ainsi permis de créer un environnement où la différence devient une richesse collective.

Chez les enfants, les témoignages traduisent l’enthousiasme suscité par cette expérience. Fadimatou, l’une des participantes, dit avoir appris bien plus que des activités manuelles. « J’ai vraiment appris beaucoup de choses : pas seulement la broderie, mais aussi la danse, le sport, comment prendre soin de ma santé, bien me nourrir. J’ai aussi appris la discipline. Ce n’était pas juste l’apprentissage d’un métier ».

La jeune participante retient également les liens créés avec ses camarades. « Avec les autres camarades, on a formé une vraie famille. On a traversé des moments difficiles, mais on a tout surmonté ensemble. On s’amusait, on mangeait ensemble, on partageait tout », raconte-t-elle, non sans émotion à l’approche de la rentrée scolaire.
À 11 ans, Kenzana, qui fera son entrée en 6ᵉ, repart également avec plusieurs compétences. Elle cite notamment le perlage, la poterie et la pâtisserie. « J’ai appris comment faire des porte-clés, des bracelets, des boucles, des bagues », Elle a aussi appris à fabriquer des vases et des gobelets en poterie, à les peindre, ainsi qu’à préparer des crêpes, des gâteaux et d’autres produits de pâtisserie.

Durant la cérémonie, les enfants sont passés en revue devant leurs parents pour présenter les acquis de ce mois de formation. De la danse à la natation, en passant par la broderie, la pâtisserie et les activités créatives, chaque atelier a contribué à renforcer leur autonomie et leur confiance en eux.
L’organisation de cette édition n’a cependant pas été sans difficultés. La recherche de partenaires capables d’accueillir l’ensemble des enfants, notamment lors des excursions, a constitué un véritable défi. La gestion des retards et l’adaptation du programme en fonction de la disponibilité de certains encadreurs ont également nécessité une organisation constante. Les familles ont, elles aussi, été régulièrement accompagnées et rassurées sur les conditions d’encadrement.
Proposé au tarif social de 15 000 FCFA par enfant, le camp entend conjuguer loisirs, éducation et inclusion. Une orientation qui semble avoir convaincu les familles. À la clôture, plusieurs parents ont souhaité que l’expérience soit reconduite l’année prochaine sur une durée plus longue, deux mois au lieu d’un mois, afin de permettre aux enfants de bénéficier davantage des activités et de renforcer leurs apprentissages.

Au terme de cette troisième édition, des parchemins ont été remis aux enfants, ainsi le CMB confirme ainsi sa volonté de faire des vacances un moment utile pour les enfants. Entre apprentissage, découverte, solidarité et inclusion, le camp « Talents en liberté » aura surtout permis de rappeler qu’aucun enfant ne devrait être laissé en marge lorsqu’il s’agit de développer ses capacités et de préparer son avenir.
