
À l’occasion de la Semaine mondiale et africaine de la vaccination 2026, placée sous le thème « Pour chaque génération, les vaccins fonctionnent », le Centre de Vaccination Internationale (CVID) a organisé le mardi 28 avril 2026 à Douala un symposium scientifique consacré à la prévention et au contrôle des maladies évitables par la vaccination. La cérémonie s’est déroulée dans la salle de conférence de la Délégation régionale du Littoral de la Santé publique, en présence du directeur de la brigade de contrôle auprès de ladite délégation, du Délégué régional du Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA), le Dr Victor Vibran, le Coordonnateur régional du PEV Littoral, le Dr Ewane Léonard et Dr Olivia Édou Nko’o, chef du CVID.
Maladie virale redoutable, la rage demeure une zoonose à la létalité quasi absolue une fois les symptômes déclarés. Transmise principalement par les chiens, mais aussi par les chats et les chauves-souris, elle cause environ 70 000 décès chaque année dans le monde, principalement en Afrique et en Asie. Les enfants de moins de 15 ans représentent près de 40 % des cas, une proportion qui alarme les professionnels de santé.

Les données présentées lors du symposium révèlent une forte prévalence des morsures de chiens à Douala, avec 96 % des cas attribués à cet animal. Le district de Bonassama apparaît comme le plus touché au premier trimestre 2026. Les enfants âgés de 5 à 15 ans constituent la tranche la plus exposée, soulignant l’urgence de renforcer la sensibilisation en milieu scolaire et communautaire.

Face à une morsure suspecte, les spécialistes insistent sur une prise en charge immédiate et rigoureuse.
Pour le Dr Olivia Édou Nko’o, chef du CVID
« Généralement, nous recevons les cas de morsure de chien et nous administrons les vaccins en mesure curative », cette administration repose sur trois étapes essentielles va t’elle continuer » le lavage soigneux de la plaie à l’eau et au savon, suivi de l’application d’un antiseptique ; l’administration d’immunoglobulines antirabiques si nécessaire ; et la vaccination selon les protocoles recommandés, notamment ceux d’Essen ou de Zagreb. Les experts rappellent que toute réduction du nombre de doses compromet l’efficacité du traitement.«
Cependant, plusieurs obstacles freinent l’efficacité de la lutte contre la maladie. Parmi eux, l’irresponsabilité de certains propriétaires de chiens, la prolifération d’animaux errants, l’absence de suivi du statut vaccinal des animaux, ainsi que le coût élevé du traitement post-exposition, estimé à environ 50 000 FCFA par personne. À cela s’ajoute une sensibilisation encore insuffisante des populations et même de certains personnels de santé.

Des cas concrets présentés au cours des travaux ont illustré la gravité des morsures et les conséquences d’une prise en charge tardive, renforçant ainsi le plaidoyer pour une stratégie intégrée combinant vaccination animale, prévention humaine et renforcement du système de santé.

La seconde partie du symposium a été consacrée à la fièvre jaune, une arbovirose hémorragique transmise par les moustiques du genre Aedes, avec un taux de létalité compris entre 15 % et 50 %. Les experts ont rappelé que le Cameroun figure parmi les 34 pays africains à haut risque, justifiant l’introduction du vaccin dans le Programme Élargi de Vaccination (PEV) depuis 2004.

Les échanges ont également mis en lumière le rôle des réservoirs animaux, notamment les primates, dans le cycle de transmission du virus. Face à la résurgence de la maladie, les spécialistes ont insisté sur la nécessité de maintenir une surveillance épidémiologique rigoureuse et de poursuivre les activités de vaccination supplémentaire. Des campagnes de riposte ont été organisées dans plusieurs districts de santé jusqu’en février 2026, témoignant de l’engagement des autorités sanitaires.
En l’absence de traitement antiviral spécifique, la prise en charge des cas graves repose sur un traitement de support incluant la prévention de l’hypoglycémie, le soutien nutritionnel et la gestion des complications telles que les hémorragies et l’insuffisance rénale. Toutefois, le principal levier de lutte reste la vaccination.

Administré dès l’âge de 9 mois, le vaccin vivant atténué contre la fièvre jaune, conservé entre +2 °C et +8 °C, est reconnu pour son efficacité et sa sécurité, sous réserve du respect des contre-indications, notamment en cas d’allergie aux œufs ou d’immunodéficience.
Au terme des travaux, un message fort s’est dégagé : la rage et la fièvre jaune, bien que potentiellement mortelles, peuvent être évitées grâce à des mesures simples et accessibles. La vaccination, la sensibilisation des populations et la prise en charge rapide des cas d’exposition constituent des leviers essentiels pour protéger durablement les communautés.
