
Dans un contexte marqué par la montée des préoccupations liées à la qualité des produits alimentaires et à la protection des consommateurs, Chambre nationale des consommateurs du Cameroun (CNACOC) a organisé, le vendredi 19 mars 2026 à Douala, une conférence-débat consacrée à l’état des lieux du marché des produits laitiers, en marge de la 41e édition de la Journée mondiale des consommateurs.
Contexte.

Dans un pays où la consommation de produits laitiers est en pleine expansion, notamment dans les grandes agglomérations comme Douala, le marché reste largement dépendant des importations et fortement exposé aux circuits informels. Cette situation favorise la prolifération de produits de qualité douteuse, voire contrefaits, au détriment de la santé des populations.
L’insuffisance des contrôles, combinée à la recherche de prix bas par les consommateurs, contribue à fragiliser davantage le secteur.
Au cours des échanges, les experts ont particulièrement insisté sur les dangers liés à la contrefaçon, présentée comme une menace majeure pour la santé publique et l’économie nationale. Dans des exposés riches et édifiants, ils ont mis en lumière les multiples formes que prend ce phénomène au Cameroun.

« La première étape qui met le consommateur en danger, c’est la contrefaçon dans les produits de première nécessité, qui peut rendre malade jusqu’à la mort. Dans le domaine de la construction, un ciment contrefait peut détruire une maison et entraîner la mort de ses habitants », a alerté Monsieur Nguenkam Wansi Mathieu, spécialiste de la protection des marques et CEO de WIA SARL.
Un constat partagé par Monsieur Mbiakop Jean, expert en sécurité des produits, qui a dressé un tableau alarmant : « Selon l’OAPI, chaque année, 100 milliards de dollars sont perdus à cause de la contrefaçon, dont 80 % concernent des pays comme le Cameroun, la Guinée et le Nigeria. »
Les intervenants ont également détaillé les circuits de la fraude. Selon les observations de terrain, les produits contrefaits entrent au Cameroun depuis plusieurs pays, notamment le Nigeria, la Chine, Dubaï et la Guinée équatoriale, via des ports officiels ou des circuits parallèles.
Ils sont ensuite reconditionnés dans des entrepôts clandestins avec de fausses étiquettes et certificats de conformité, parfois difficiles à détecter.
La distribution de ces produits repose sur des réseaux organisés, avec des complicités parfois avérées. « Dans plusieurs de nos enquêtes, nous avons documenté l’implication d’agents en uniforme dans ces circuits », a révélé l’expert.

Face à cette situation, le Président de la CNACOC, Nya Calvin, a lancé un appel à la responsabilité des consommateurs : « Venez avec vos plaintes. N’ayez pas peur de vous plaindre. Nous sommes là pour vous porter. »
Clôturant les travaux, il a rappelé le sens du thème de cette édition, « Le produit sûr, le consommateur confiant », invitant chaque citoyen à éviter les produits d’origine douteuse et à se rapprocher des structures compétentes avant tout achat.
Au regard des risques sanitaires et économiques, les participants ont souligné l’urgence de renforcer les mécanismes de contrôle et de sensibilisation, afin de garantir un marché plus sûr aux consommateurs camerounais.
