
À l’occasion de la 41ᵉ édition de la Journée internationale de la femme, les avocates du Barreau du Cameroun, section Littoral, ont initié une série d’activités à Douala du 1er au 6 mars 2026.
Entre actions sociales, consultations juridiques gratuites et rencontres intellectuelles, ces professionnelles du droit entendent renforcer la sensibilisation autour des droits des femmes et promouvoir l’égalité entre les sexes.
Les activités ont débuté le 1er mars par une marche et une séance de danse sportives organisées dans l’enceinte de la Cour d’Appel du Littoral.

L’événement, précédé de tests médicaux gratuits, a réuni plusieurs avocates et leurs confrères dans une ambiance conviviale. Au-delà du caractère festif, cette initiative visait à rappeler l’importance du bien-être physique et de la santé dans l’exercice des professions juridiques.
L’engagement social des avocates s’est poursuivi les 2 et 3 mars avec l’organisation de cliniques juridiques gratuites installées dans le jardin situé en face de la Cour d’Appel du Littoral. Pendant deux jours, des jeunes avocats et avocates se sont mis à la disposition du public afin d’apporter des conseils juridiques et d’orienter les citoyens confrontés à diverses préoccupations légales. Une initiative saluée par de nombreux justiciables, qui y voient une opportunité d’accéder plus facilement à l’information juridique.
Le point fort de cette semaine d’activités s’est tenu le 3 mars à l’Université Catholique Saint Jérôme de Douala, où s’est déroulée une table ronde autour du thème : « Droit, Justice et Action : Égalité des droits pour toutes les femmes et toutes les filles ». La rencontre, organisée sous la houlette du représentant du Bâtonnier, Me Gabriel Kontchou, a réuni étudiants, juristes et acteurs de la société civile pour deux heures d’échanges autour des enjeux liés à l’égalité des droits.

Plusieurs figures du Barreau ont pris part à ces travaux, parmi lesquelles la doyenne Me Alice Nkom, ainsi que d’autres membres du Conseil de l’Ordre et responsables de la formation au sein du Barreau du Cameroun.
Prenant la parole au cours de son interview, le représentant du Bâtonnier a souligné que cette série d’activités vise avant tout à marquer la célébration de la Journée internationale de la femme tout en mettant en lumière le rôle des femmes dans la profession d’avocat et dans la société.
« Le Barreau au niveau du Littoral, comme dans les autres régions, veut marquer la célébration de la Journée internationale de la femme. Dans cette optique, plusieurs activités ont été organisées pour célébrer la femme. Ce sont des activités du Barreau auxquelles participent aussi les hommes, mais les femmes sont mises en avant », a-t-il expliqué.
Il a également rappelé que ces initiatives permettent de rapprocher les avocats du public et de sensibiliser la population sur ses droits.
« Les jeunes avocats et avocates se sont mis à la disposition du public pour répondre aux préoccupations juridiques des citoyens. Cette action vise à permettre aux femmes et aux hommes de mieux connaître leurs droits et de revendiquer leur respect », a-t-il ajouté.
Parmi les interventions marquantes de cette rencontre, Me Djuikom Mobi, avocat au Barreau du Cameroun depuis près de quarante ans, a présenté un exposé sur la promotion d’une justice équitable à l’égard des femmes et des filles. Il a rappelé que le principe du procès équitable est consacré dans plusieurs instruments juridiques internationaux ratifiés par le Cameroun.
Toutefois, selon elle, malgré l’existence de ces textes, leur application reste parfois insuffisante.
« Sur le plan légal, beaucoup de choses ont été mises en place, mais dans la pratique il existe encore des entorses, notamment dès la phase de l’enquête préliminaire. Le respect des droits humains doit être garanti du début à la fin de la procédure judiciaire », a-t-il insisté.

La question des femmes vivant dans les zones de conflit a également été abordée au cours de cette rencontre. Me Akwen Njui, avocate au Barreau du Cameroun depuis 2011, a partagé un témoignage poignant sur les réalités vécues par les populations civiles dans les régions touchées par la crise sécuritaire dans les zones anglophones du pays.
Elle a évoqué les déplacements forcés, la peur permanente et les traumatismes vécus par les femmes et les enfants pris entre les affrontements armés.
« Dans ces situations, les civils ne sont pas armés. Ce sont des femmes, des enfants et des personnes âgées qui se retrouvent exposés. La protection des civils doit être une priorité », a-t-elle plaidé.

À travers ces différentes activités, les femmes avocates du Littoral réaffirment ainsi leur engagement en faveur de la promotion des droits des femmes et de l’accès à une justice équitable pour tous. Une mobilisation qui s’inscrit pleinement dans l’esprit de la Journée internationale de la femme, célébrée chaque année à travers le monde pour promouvoir l’égalité, la justice et la dignité pour toutes les femmes et toutes les filles.
