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« Le projet BIOFIN et la préparation au marché carbone qui nous réunissent aujourd’hui s’inscrivent en droite ligne de cette diplomatie du concret dont les peuples ont de plus en plus besoin en ce XXIᵉ siècle où les incertitudes s’accumulent autour de l’avenir de la planète. »

C’est par ces mots que le Secrétaire général auprès du ministère des Finances (MINFI), Edoa Gilbert Didier, a ouvert, ce mardi 24 février 2026 à Douala, l’atelier de validation des étapes du Rapport d’analyse des politiques et institutions (API) relatives à la finance biodiversité et à l’étude sur la préparation du Cameroun au marché du carbone, dans le cadre de l’initiative BIOFIN.

La cérémonie s’est tenue en présence du Secrétaire général du ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable (MINEPDED), le Pr. Tchawa Paul, ainsi que du Représentant résident assistant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) Cameroon, Martin Zeh-Nlo.

Organisé pour le 24 au 27 février 2026 à Douala, cet atelier de quatre jours, porté par le PNUD en collaboration avec le MINFI et le MINEPDED, mobilise administrations sectorielles, partenaires techniques et financiers, secteur privé, société civile et experts nationaux et internationaux.

Pour le SG du MINFI, Edoa Gilbert Didier, les travaux traduisent une orientation stratégique claire :
« Les travaux se concentrent sur la validation d’une analyse des politiques institutionnelles liées à la finance de la biodiversité ainsi que sur la mise en place d’un cadre national de préparation au marché carbone. L’objectif est de transformer le potentiel écologique du pays en opportunités économiques réelles, permettant ainsi de mobiliser des financements de longue durée pour protéger l’environnement tout en soutenant la croissance nationale. »

À travers cette démarche, le gouvernement entend renforcer la cohérence stratégique et l’appropriation nationale des mécanismes innovants capables de valoriser la biodiversité et les services écosystémiques, en arrimant pleinement ces réformes à la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30).

Le Cameroun s’inscrit dans une dynamique structurée de mobilisation de financements verts et innovants à travers un processus formalisé de valorisation de son potentiel de séquestration du carbone. Cette stratégie est encadrée par un texte réglementaire adopté en mai 2024.
Elle repose sur une synergie étroite entre le ministère des Finances, chargé du drainage des ressources, et le ministère de l’Environnement, garant de la conformité aux dispositions de l’article 6 de l’Accord de Paris.


« Situé au cœur du bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier tropical au monde, le Cameroun dispose d’un potentiel considérable de séquestration du carbone. Le programme prévoit la restauration de 12 millions d’hectares de terres dégradées, principalement dans le Grand Nord, affectées par la déforestation et l’urbanisation. »

« Au-delà de la régénération écologique, cette initiative présente un avantage économique majeur : le carbone issu de paysages restaurés se négocie souvent à un prix supérieur à celui provenant de forêts naturelles. Cette approche permet de restaurer durablement la biodiversité et les ressources hydriques, de favoriser le retour des populations locales et de dynamiser l’économie rurale », a expliqué le Représentant résident assistant du PNUD Cameroon, Martin Zeh-Nlo.


À terme, ce cadre national doit permettre au gouvernement de valider des projets structurés auprès des bailleurs de fonds internationaux et d’atteindre son objectif de réduction de 32 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035.

Intervenant lors des travaux, le Pr. Tchawa Paul , Secrétaire général du ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable (MINEPDED), a insisté sur l’importance stratégique de cette phase technique :
« L’atelier de Douala constitue une étape stratégique pour le Cameroun, visant à valider des études techniques approfondies afin de quantifier précisément sa capacité de séquestration du carbone, non seulement à travers ses vastes zones forestières, mais aussi ses marécages. L’enjeu est de transformer ce potentiel écologique en levier financier concret sur le marché international du carbone pour soutenir un développement national durable et vert. Bien que des données préliminaires existent, notamment via l’Observatoire sur les changements climatiques, il est désormais impératif de maîtriser les mécanismes et procédures complexes de ce marché pour mobiliser les financements nécessaires, une démarche qui passera prochainement par une validation institutionnelle formelle. »

L’expert carbone du PNUD, Bernardin Uzayisaba,pendant sa présentation sur l’introduction des marchés carbones , l’expert a donné une définition clair « Le marché carbone est un mécanisme économique qui permet aux pays, aux entreprises ou aux organisations d’acheter et de vendre des crédits carbone afin de compenser ou de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. »

Pour lui ce principe est simple  » Une activité (industrie, transport, énergie…) émet du CO₂ ; Ainsi , pour continuer à émettre légalement, elle doit détenir des quotas d’émission ou acheter des crédits carbone ; Ces crédits proviennent de projets qui réduisent ou captent le carbone : reforestation, énergies renouvelables, agriculture durable, mobilité électrique« 

Par la suite il a présenté une étude de cas portant sur la conversion des conducteurs de taxi-motos vers la mobilité électrique. Cette initiative remplace les moteurs thermiques par des moteurs électriques, éliminant ainsi les émissions directes de gaz à effet de serre.

Le dispositif repose sur un système d’échange rapide de batteries et sur la monétisation de crédits carbone certifiés par l’État, servant de garantie auprès des institutions de microfinance pour faciliter l’accès au crédit bancaire.

À travers BIOFIN et la structuration de son marché carbone, le Cameroun affirme sa volonté d’inscrire la finance verte au cœur de sa trajectoire de développement, en transformant son capital naturel en moteur de croissance inclusive et durable.

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