
L’écrivain et journaliste camerounais Junior Haussin a présenté et dédicacé, le 3 octobre 2026 à Douala, son ouvrage intitulé « Je suis nègre mais les Noirs ne m’aiment pas », publié aux Éditions Éclosion. Organisée par la maison d’édition, en présence de sa Directrice générale, Christelle Noah, la rencontre a constitué un espace d’échanges autour de l’identité, du rapport à l’apparence et des normes de beauté dans les Communautés Noires.

À travers un titre volontairement provocateur, l’auteur s’attaque à une réalité encore prégnante : le complexe lié à la couleur de peau et le recours au blanchiment ou à la dépigmentation. Au Cameroun, cette pratique communément appelée « Djansang » dépasse, selon lui, la seule question esthétique pour toucher à l’estime et à l’acceptation de soi.
« L’ouvrage traite du complexe du teint clair dans les communautés noires en Afrique noire, par les Noirs ».
L’écrivain relève que certaines personnes à la peau très foncée finissent par rejeter leur propre couleur sous l’effet des injures, des railleries ou des standards de beauté intériorisés. Une situation qui peut les conduire à modifier leur apparence au détriment de leur identité naturelle.

Pour l’auteur, les conséquences ne sont pas uniquement physiques. « Lorsqu’on se décape la peau et qu’on ne s’accepte plus tel qu’on est, on n’est pas seulement victime sur le plan physique, mais également sur le plan mental ».
Ainsi en évoquant la perte de confiance et d’estime de soi. Son ouvrage se veut ainsi « un plaidoyer pour l’amour-propre, la dignité et la réappropriation de l’identité noire ».
Du côté d’Éclosion Édition, le choix de publier cette œuvre répond à la portée sociale du sujet. « C’est un sujet très intéressant, un sujet actuel et même éternel », estime Christelle Noah. La Directrice générale de la maison d’édition considère que » la question de l’apparence et de la couleur de peau touche particulièrement les jeunes filles et les femmes africaines, souvent confrontées aux injonctions esthétiques« .

Au-delà de la littérature, « Je suis nègre mais les Noirs ne m’aiment pas » ouvre ainsi un débat sur le regard porté sur soi et sur l’autre. Une invitation à dépasser les complexes liés au teint pour mieux assumer son identité et contribuer, selon Junior Haussin, à la construction d’une société où la diversité des carnations devient une richesse plutôt qu’un motif de rejet.
