
La riposte contre le Mpox s’intensifie dans la région du Littoral, où 25 cas confirmés ont déjà été enregistrés, faisant de cette zone l’épicentre actuel de l’épidémie au Cameroun. L’annonce a été faite ce jeudi lors d’un briefing organisé à Douala par la Délégation régionale de la Santé publique, en présence des professionnels des médias.

Placée sous la coordination du Délégué régional de la Santé publique, cette rencontre visait à renforcer la sensibilisation et à marteler un message d’urgence face à la progression de la maladie. Les principaux éléments de la riposte ont été présentés par le Dr Mossi Hans, coordonnateur régional de la lutte contre les épidémies.
« Le département du Wouri est désormais l’épicentre de l’épidémie de Mpox au Cameroun. Avec 25 cas confirmés sur les 38 recensés à l’échelle nationale, la région du Littoral concentre la majorité des infections depuis le début de la crise en novembre 2025 », a-t-il déclaré.
Face à cette situation préoccupante, une campagne de riposte sera lancée dès le vendredi 10 avril dans neuf districts de santé, sur les 59 que compte le pays. Cette stratégie vise à freiner la propagation du virus, dont les modes de transmission suscitent une vigilance accrue.
Initialement transmise de l’animal à l’homme, notamment via les rongeurs et les primates, la maladie connaît désormais une transmission interhumaine plus marquée. Celle-ci peut se faire par contact direct avec une personne infectée ou indirectement par le partage d’objets contaminés. « Nous avons également observé certains cas où la transmission s’est faite par voie sexuelle , cela appelle à une vigilance renforcée », a précisé le Dr Mossi Hans.

Dans ce contexte, les autorités sanitaires misent sur une vaccination ciblée pour contenir l’épidémie.
Le Mpox est une infection virale provoquée par un virus de la famille des orthopoxvirus. À l’origine transmise par des animaux comme les rongeurs et les primates, elle se propage désormais de deux façons : d’une part, entre l’animal et l’homme, notamment lors de contacts avec des bêtes malades ou retrouvées mortes en brousse un danger particulier pour les chasseurs et les commerçants de viande de brousse ; d’autre part, entre humains, par contact direct avec une personne infectée ou de manière indirecte à travers le partage d’objets personnels tels que les vêtements, la literie ou les espaces de vie.
La riposte prévoit l’administration d’une dose du vaccin MVA-BN aux personnes à risque âgées de 18 ans et plus.
Cette campagne est entièrement gratuite.
Le Ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a d’ailleurs rassuré sur l’efficacité des doses disponibles et appelé les populations cibles à adhérer massivement à cette initiative préventive.
Sur le plan clinique, la maladie se manifeste principalement par des éruptions cutanées, caractérisées par de gros boutons et des vésicules, souvent précédées de fièvre et d’une fatigue intense. Ces symptômes peuvent être confondus, à leurs débuts, avec ceux de maladies comme la varicelle ou la rougeole.

Le Dr Mossi Hans a également indiqué que « deux types de virus circulent actuellement : le type 1, plus dangereux mais moins fréquent, et le type 2, plus répandu mais moins létal. À ce jour, aucun décès n’a été enregistré dans la région du Littoral. »

Les autorités sanitaires insistent sur la prévention, qui repose sur des gestes simples mais essentiels : lavage régulier des mains au savon pendant au moins 60 secondes ou avec une solution hydroalcoolique pendant 30 secondes, éviter le partage d’objets personnels, et consulter immédiatement un centre de santé en cas de symptômes.
En cas de suspicion, les populations sont invitées à contacter le numéro vert 1510 pour une prise en charge rapide.
Face à la montée des cas, les autorités appellent à une mobilisation collective afin de contenir cette épidémie et protéger les populations.
