
La Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham Cameroun) a organisé le jeudi 18 Décembre , un dîner-débat d’affaires autour de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf – AfCFTA) et de la plateforme Africa Trade Gateway (ATG). L’objectif : outiller les entreprises camerounaises pour tirer parti du marché africain intégré, tout en identifiant les défis structurels qui freinent sa pleine mise en œuvre et en proposant des solutions concrètes.
Malgré son potentiel économique colossal 1,9 milliard d’habitants et des revenus globaux estimés à 33 000 milliards de dollars , la ZLECAf reste confrontée à d’importants manquements structurels. Selon Mr Parfait Eppoh, AfCFTA Committee Chair & Chief Negotiator, Cameroon , 60 % des pays africains ne disposent pas encore de capacités industrielles suffisantes, tandis que 45 % des entreprises n’ont pas accès à des informations fiables sur les marchés régionaux. Ces lacunes limitent la compétitivité des économies et la capacité des entreprises à profiter pleinement de la libéralisation commerciale.
C’est autour de ces constats que s’est articulé le dîner-débat d’AmCham, consacré à la ZLECAf et à la plateforme Africa Trade Gateway (ATG), un outil stratégique destiné à combler ces lacunes et à transformer les opportunités en résultats concrets.
Dans une présentation magistrale et captivante, Mr Parfait Eppoh a détaillé les défis, manquements et limites actuelles de la ZLECAf, insistant sur l’importance pour le Cameroun de s’intégrer activement tout en renforçant la compétitivité de ses Entreprises face à des économies plus industrialisées, comme le Nigeria.
Selon ses analyses, près de 30 % des entreprises africaines sont encore mal préparées à l’ouverture des frontières, ce qui pourrait limiter leur capacité à accéder aux marchés régionaux si aucune stratégie d’accompagnement n’est mise en place.
Pour Mme Laure E. Djoukam, Présidente de l’AmCham Cameroun, cette rencontre répond pleinement à la mission de l’organisation « fournir à ses membres des informations stratégiques et des outils concrets pour soutenir la croissance de leurs entreprises et améliorer leur rentabilité. »
« La ZLECAf représente une opportunité grandiose. Il est donc normal que nous en parlions à nos membres, non seulement pour exposer les opportunités, mais surtout pour proposer des solutions. Les opportunités ne produisent des résultats que lorsqu’elles sont accompagnées d’une stratégie d’implémentation efficace », a-t-elle souligné.

Avec un marché africain de près de 1,9 milliard d’habitants et des revenus globaux estimés à 33 000 milliards de dollars, la ZLECAf offre des perspectives inédites.
Mais, pour Mme Laure E. Djoukam, l’enjeu n’est pas uniquement l’attractivité des chiffres.
« La vraie question est de savoir comment en profiter concrètement : accéder à de nouveaux marchés, décrocher des contrats et renforcer la compétitivité de nos Entreprises », a-t-elle précisé.

La plateforme ATG, développée par Afreximbank, fournit aux Entreprises un accès à des données précises sur 54 pays africains, avec la possibilité de : Analyser le potentiel des marchés par produit et par pays, Identifier les concurrents,
mesurer la part de marché potentielle.
Aucour de ce dîner , les informations relatives présentées mentionne que » Afreximbank, les entreprises utilisant ATG peuvent cibler jusqu’à 75 % des marchés africains où leurs produits sont compétitifs, et réduire de 30 % le temps consacré à la recherche de partenaires et d’opportunités commerciales.
Cette approche permet aux entreprises camerounaises de structurer intelligemment leur offre, d’éviter d’être dépassées par la concurrence et d’optimiser leur stratégie commerciale sur le marché africain ».
Au-delà des outils numériques, le dîner-débat a mis en lumière les sessions de formation organisées par la chambre et ses partenaires, destinées à renforcer les compétences pratiques des Entreprises en stratégie commerciale, exportation et accès aux marchés internationaux.
L’AmCham Cameroun joue ainsi un rôle de catalyseur de l’information économique et de passerelle stratégique entre ses membres, la ZLECAf et l’ensemble de la communauté des affaires .
« ZLECAF permet aux Entreprises camerounaises d’accéder à un marché continental de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Pour les sociétés inscrites à l’AmCham, cela se traduit par une réduction des barrières tarifaires et non tarifaires, une meilleure compétitivité à l’export et la possibilité de nouer des partenariats régionaux solides. De plus, la ZLECAF encourage l’harmonisation des normes et pratiques commerciales, ce qui offre aux entreprises une plus grande sécurité juridique et opérationnelle dans leurs transactions internationales ; elle constitue un levier de croissance et d’expansion indispensable pour les entreprises camerounaises désireuses de s’implanter durablement sur le continent africain.« A déclaré Mr Parfait Eppoh
Outre Mr Parfait Eppoh, plusieurs intervenants ont contribué à la richesse des débats :
Dr Guevera Yao, Vice-président du U.S.–Africa Business Center de la Chambre de commerce des États-Unis,
Mr Christophe Adnot, consultant ATG chez Shekina Invest,
Mr Kenneth Togbo, responsable ATG à Afreximbank.
Tous ont « souligné l’importance d’un commerce africain plus rapide, plus intelligent et plus rentable, en insistant sur l’appropriation des outils et données par les Entreprises locales« .

La rencontre s’est conclue par une session interactive de questions-réponses, illustrant l’intérêt croissant des Entreprises pour la ZLECAf et ses mécanismes. À travers cette initiative, l’AmCham Cameroun réaffirme son ambition : « Accompagner les entreprises locales vers une intégration africaine maîtrisée, en transformant les défis et manquements actuels de la ZLECAf en opportunités économiques durables. »
