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Le paysage de la télédistribution au Cameroun amorce une mue historique sous l’impulsion du Conseil National de la Communication. Réunis à Douala les 07 et 08 avril 2026, le Président du CNC, Mr Joseph Chebongkeng Kalabubsu, et son équipe ont engagé un dialogue franc avec les principaux opérateurs nationaux et internationaux, tels que Canal+ Cameroun, StarTimes, Swecom ou encore Creolink. Cette rencontre ne s’est pas limitée à un simple rappel à l’ordre, car elle a permis au régulateur et aux distributeurs de trouver ensemble des voies de sortie de crise pour une régularisation efficace d’un secteur jusqu’ici marqué par des tensions et une concurrence déloyale.

Dans une première intervention, le Président du CNC, Mr Joseph Chebongkeng Kalabubsu, a tenu à clarifier le rôle du régulateur :
« Le CNC n’est pas un adversaire des opérateurs, mais un partenaire institutionnel chargé de garantir l’équilibre du secteur, dans le respect des lois de la République et des intérêts des consommateurs. »

Dans le cadre de cette dynamique, Mr Fils Jean Achille Epouhe, Directeur Général de TVCable et Secrétaire Général du Syndicat National des Télédistributeurs par Câble du Cameroun (SYNATECC), explique :
« Dans le but d’assainir le secteur de la communication audiovisuelle au Cameroun, le Conseil National de la Communication (CNC) a engagé une réforme majeure visant à réguler le marché de la télédistribution, marqué par des dérives et une vive concurrence entre opérateurs locaux et internationaux. Cette initiative impose désormais aux acteurs du secteur de sortir d’une forme de « bluff » en justifiant de leurs instruments techniques, de leurs autorisations ministérielles et de leurs contrats de diffusion. Face à un marché au potentiel immense comptant des dizaines de millions d’abonnés, notamment par satellite, l’État cherche à mettre fin aux manques à gagner fiscaux en accordant un délai de trois mois aux opérateurs pour se mettre en conformité avant l’application de sanctions rigoureuses. »

Au cœur de ces échanges constructifs, les deux parties ont identifié les freins majeurs au bon fonctionnement de l’audiovisuel, notamment l’exercice sans titres légaux et la diffusion de programmes sans conventions préalables avec les éditeurs. Le Président du CNC a fermement rappelé :
« Aucun opérateur ne peut exercer en marge de la réglementation.L’obtention d’un titre d’exploitation n’est pas une formalité, mais une exigence fondamentale pour garantir la transparence du marché. »

Il a également insisté, dans une deuxième intervention, sur la nécessité d’une discipline collective :
« Nous devons mettre fin aux pratiques qui fragilisent l’écosystème audiovisuel. Le respect des règles est la condition sine qua non pour bâtir une industrie forte et crédible. »

Pour assainir durablement le marché, le Conseil a insisté sur la nécessité de formaliser une collaboration contractuelle sous son égide, afin d’éradiquer le piratage des contenus audiovisuels qui fragilise l’économie du secteur.

L’un des acquis majeurs de cette concertation est l’engagement mutuel en faveur du rayonnement des médias locaux. Les opérateurs se sont vu rappeler l’exigence de respecter une numérotation préférentielle privilégiant les chaînes nationales. Par ailleurs, une mesure sociale forte a été réaffirmée : le maintien permanent du signal des chaînes publiques, à l’instar de la CRTV, CRTV News et CRTV Sports, même en cas de rupture d’abonnement pour l’usager.

Dans une troisième intervention, le Président du CNC a souligné l’enjeu stratégique de souveraineté :
« La valorisation des contenus nationaux est une priorité. Il est impératif que les chaînes camerounaises occupent une place visible et accessible pour tous les citoyens. »


Conscient des évolutions technologiques, le CNC s’est également engagé à encadrer les dérives liées à l’usage de l’IPTV, afin de protéger l’activité légale de télédistribution.

Plus loin, Fils Jean Achille Epouhe ajoute que :
« L’offre télévisuelle au Cameroun s’articule autour de deux standards distincts pour s’adapter aux moyens de chaque foyer : d’un côté, le service analogique est maintenu comme un minimum accessible sans décodeur pour les populations les plus modestes ; de l’autre, le service numérique propose une expérience de haut standing en haute définition, nécessitant un décodeur. Ce dernier, illustré par des offres comme celle de TNT Africa qui propose plus de 200 chaînes pour environ 15 000 FCFA, s’aligne sur les normes internationales de digitalisation malgré des contraintes de coûts liées aux frais de douane et à l’importation du matériel. »

Malgré la cordialité des débats, le régulateur reste ferme sur le calendrier. Face aux violations répétées constatées par le passé, le Conseil National de la Communication a instauré un délai de grâce de trois mois, à compter du 09 avril 2026, pour que l’ensemble des opérateurs se conforme aux nouvelles mesures.

Le Président du CNC a d’ailleurs conclu avec fermeté :
« Ce délai de trois mois constitue une ultime opportunité. Au-delà, le CNC appliquera sans réserve les sanctions prévues par la réglementation en vigueur. »

Passé ce délai, le CNC entend veiller au strict respect de la réglementation pour garantir la protection des droits des consommateurs et la survie des éditeurs de services au Cameroun.

Si dessous l’intégralité de la déclaration du Président du Conseil national de la Communication (CNC), Joseph Chebongkeng Kalabubsu.

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