
Le Ministre des Finances, son Excellence Mr Louis Paul Motaze, a inauguré mercredi 3 décembre 2025 à Douala le nouveau siège du Bureau National de la Carte Rose (BNCR), pour cet exercice il était assisté du Gouverneur de la région du Littoral Mr Samuel Dieudonné Ivaha Diboua et son état major , du Préfet du Wouri Sylyac Marie Mvogo, du Maire de la Ville De Roger Mbassa Ndine et du Secrétaire Permanent BNCR, Mr Pierre Didier Ngoumou et en plus les patrons d’assurance.
D’un coût global de 2,5 milliards FCFA, le bâtiment vise à moderniser la gestion des sinistres transfrontaliers et à renforcer la mobilité sécurisée entre les pays de la Cemac.

Créée en 1996, la carte rose permet aux automobilistes de circuler librement dans l’espace Cemac en ne souscrivant qu’une seule assurance. Malgré son coût accessible, fixé à 1 000 FCFA pour les conducteurs camerounais, le système fait face à plusieurs défis. Les faux documents, les dossiers frauduleux, les interventions illégales d’intermédiaires, les lenteurs administratives, la méconnaissance du mécanisme par les usagers et le manque de coordination entre les acteurs institutionnels fragilisent son efficacité.
Face à ces difficultés, la construction d’un siège moderne est apparue comme une nécessité pour mieux centraliser les opérations et harmoniser la gestion des sinistres transfrontaliers.

Le nouvel édifice du BNCR affiche une enveloppe globale de 2,5 milliards FCFA. Sur ce montant, 892 574 329 FCFA proviennent des sociétés d’assurance non-vie, tandis que 1 716 363 583 FCFA sont issus des fonds propres du dispositif. L’État du Cameroun, qui accompagne la carte rose depuis 1999, apporte en outre une garantie publique de 20 milliards FCFA pour sécuriser le mécanisme.


Lors de l’inauguration, le Ministre des Finances, son Excellence Mr Louis Paul Motaze, a indiqué que « cette infrastructure permettra de traiter plus efficacement les situations de détresse impliquant des conducteurs étrangers. Il a précisé que le BNCR n’est pas un assureur, mais un organe de coordination chargé d’assurer la fluidité du système dans toute la Cemac« .

Le secrétaire permanent du BNCR, Pierre Didier Ngoumou, a relevé plusieurs dérives observées ces dernières années. » Il s’agit notamment de la falsification de cartes roses, de la constitution de faux dossiers, de tentatives de contournement par des réseaux organisés, d’interventions parallèles de certains acteurs judiciaires ou médicaux, ainsi que d’une mauvaise identification des victimes ».
Selon lui, « le nouveau siège permettra de professionnaliser la gestion des dossiers, de renforcer la transparence et de rétablir la confiance entre assureurs, usagers et autorités. »
Présent à la cérémonie, l’Assureur Richard Lowe, fondateur du Groupe Activa, a rappelé le rôle essentiel de la carte rose dans la mobilité régionale. « Il a expliqué que ce mécanisme permet aux automobilistes de voyager sans inquiétude, car en cas d’accident dans un autre pays, c’est l’assureur du pays d’origine qui prend en charge l’indemnisation des victimes« .
Pour Richard Lowe, « l’ouverture de ce nouveau siège représente un tournant important. Elle permettra d’accélérer le traitement des dossiers, de renforcer la crédibilité du système et de lutter plus efficacement contre les fraudes qui compromettent son fonctionnement ».

Avec cette nouvelle infrastructure, le BNCR ambitionne de rendre le traitement des sinistres plus rapide, plus fiable et plus transparent. La carte rose, abordable, reconnue et désormais soutenue par un dispositif modernisé, se positionne comme un levier majeur de la mobilité et de l’intégration dans l’espace Cemac.
Le défi demeure toutefois de sensibiliser davantage les automobilistes, de démanteler les réseaux frauduleux et de consolider la collaboration entre toutes les parties prenantes pour que ce mécanisme communautaire joue pleinement son rôle.
