
Le Mercredi 22 Janvier 2025, la salle de fête d’Akwa a accueilli une concertation pour le secteur des Moto-taximen de Douala, sous l’égide du Dr Roger Mbassa Ndine, Maire de la Ville, et du Dr Roger Njitchoua, deuxième Adjoint au Maire et Coordonnateur du Programme de Professionnalisation et d’Assainissement du secteur. Cette rencontre a réuni divers acteurs du secteur, y compris les Leaders Nationaux, les Chefs de camps, ainsi que le partenaire stratégique MTN Mobile Money.
Le Maire de la Ville, Dr Roger Mbassa Ndine, a conclu son discours de séance en soulignant l’importance de cette initiative pour l’amélioration des conditions de travail des moto-taximen et leur professionnalisation. « Les Motos-taximen et la ville de Douala, c’est jusqu’à la gare », a-t-il déclaré, une phrase qui peut sembler surprenante mais qui reflète l’affection profonde qu’il porte à ces travailleurs. Selon lui, l’objectif est d’améliorer le bien-être et l’épanouissement de cette catégorie de citoyens essentiels à la « Mobilité Urbaine« .
Lancé avec l’objectif d’enrôler plus de 20 000 Moto-taximen sur une plateforme numérique, le Programme semble sur la bonne voie. À ce jour, plus de 10 000 Moto-taximen ont déjà été enregistrés grâce au partenariat avec MTN Mobile Money.
Le Dr Roger Njitchoua, coordonnateur du Programme, a souligné les progrès réalisés, notamment en matière de professionnalisation. De nombreux moto-taximen ont ainsi pu obtenir leur permis de conduire, se conformer aux règles de circulation et acquérir des motos d’occasion.
Malgré ces avancées notables, des défis demeurent, notamment le respect des règles de circulation et des zones de stationnement définies par les autorités municipales. Le Maire a soulevé la question : « Pourquoi un moto-taximan ne peut-il pas respecter les feux rouges ou être en règle ? » Une interrogation qui a suscité de vives réactions parmi les moto-taximen présents, et a ouvert la voie à une discussion franche entre eux et la Communauté Urbaine de Douala.
La rencontre a aussi été l’occasion pour les plus de 400 Moto-taximen présents d’exprimer leurs frustrations. Parmi les points soulevés, certains ont évoqué des abus de la part des forces de l’ordre, où des Moto-taximen se plaignent d’arrestations arbitraires suivies de paiements d’amendes douteux. D’autres ont dénoncé la situation économique difficile des Moto-taximen, pris entre le coût élevé des permis de conduire, des motos et des assurances, ainsi que les faibles revenus générés par leur activité.

M. Ndam Njutapvoui Dalouth, représentant du camp AJEPEC Coaf, a pris la parole pour partager les préoccupations de ses collègues. « Je vais remercier le maire pour l’initiative, mais dans le Wouri, l’autorité camerounaise ne respecte pas les Moto-taximen que nous sommes », a-t-il déclaré.
Selon lui, le pavillon Bensekin à l’hôpital Laquintinie, ont été abandonnées, et les Moto-taximen ne se retrouvent plus là-bas .
« Nous faisons la publicité de MTN, mais à quel prix ? Nous gagnons rien », a-t-il ajouté !
Plus loin il déplora également les abus de la police municipale au niveau du pont Joss, où des Moto-taximen se retrouvent contraints de payer des amendes de manière opaque allant de 25000 à 30000 FCFA.
M. Ndam a également évoqué les difficultés financières des Moto-taximen, rappelant que le coût des permis de conduire est désormais de 45 000 FCFA, contre 23 000 FCFA par le passé, ce qui reste inaccessible pour de nombreux travailleurs du secteur. « Nous avons besoin de subventions, car acheter une moto à 550 000 FCFA, puis payer l’assurance, la carte grise et le carburant à 840 FCFA le litre est un vrai fardeau. Nous ne pouvons pas vivre de cette activité si les conditions ne changent pas », a-t-il insisté.
À la question concernant la confusion fréquente entre les Moto-taximen Camerounais et les centrafricains, M. Ndam a précisé : « Les ‘Babana’ Camerounais, comme on appelle les Moto-taximen centrafricains, sont souvent perçus négativement. Pourtant, à 13h, ils sont dans les lieux de prière, respectent les lois et normes juridiques Camerounais. Mais certains d’entre eux, qui sont des ‘Babana’, agressent, insultent et causent des problèmes en tapant les pots de voiture, ce qui fausse la perception du public. » Il a souligné que les contrôles devraient être ciblés pour éviter de confondre les Moto-taximen Camerounais avec leurs homologues centrafricains.
Malgré les frustrations exprimées, l’ambiance générale de la réunion a été marquée par un esprit de collaboration.
Les Moto-taximen ont exprimé leur soutien au Maire et ont promis de s’adapter aux nouvelles exigences en matière de professionnalisation. « Nous sommes tous derrière le papa, le Maire de la Ville », ont-ils scandé, affirmant leur volonté de se conformer aux règles et de soutenir le processus d’assainissement.
Le Maire a rappelé que l’objectif n’était pas de passer à la répression mais de promouvoir un secteur plus organisé et professionnel, où les Moto-taximen puissent travailler dans de meilleures conditions tout en contribuant à l’ordre public. « Nous voulons éviter la répression, mais plutôt encourager un dialogue constructif », a-t-il déclaré.
La Professionnalisation et l’Assainissement du secteur des Moto-taximen à Douala sont en bonne voie, mais des efforts restent à fournir.
La collaboration entre les Autorités Municipales, les Moto-taximen et les partenaires comme MTN Mobile Money est essentielle pour faire de ce secteur une activité respectueuse des normes et capable de contribuer positivement à l’économie de la Ville . Avec des initiatives telles que celles lancées par la Ville de Douala, l’avenir semble prometteur pour les Moto-taximen, à condition que chacun prenne ses responsabilités et travaille dans le respect des règles établies.
