
À l’approche de l’élection Présidentielle de 2025, les syndicats de moto-taximen de Douala montent au créneau. Objectif : se démarquer des tentatives de manipulation politique, défendre la paix sociale et réaffirmer leur neutralité.
C’est dans une Déclaration solennelle, lue et présentée à la presse le vendredi 13 juin 2025 par le Président National du SYNCMOCAM, M. Opono Maximilien, que les acteurs du transport urbain à deux roues ont clarifié leur position. Sous la bannière de la plateforme « Les leaders syndicaux des moto-taxis du Cameroun », ils ont unanimement dénoncé les risques de récupération politique de leur secteur, souvent perçu comme un levier d’agitation populaire en période électorale.

« Le syndicat est et restera apolitique. Chacun est libre de ses opinions, mais nul n’est au-dessus de la loi. Nous refusons d’être utilisés comme outils de trouble », ont-ils martelé.
Les Syndicats ont ainsi fustigé certaines pratiques en cours, notamment l’escorte motorisée illégale de civils. Une activité strictement encadrée par la Loi et qui, selon eux, ternit l’image de l’ensemble de la profession.
« Il ne faudrait pas que nous utilisions les Moto-taximen. Il faudrait qu’ils attendent le moment venu, c’est-à-dire la période de campagne. Si jamais il n’y a pas de déclaration, alors qu’ils ne bougent pas », a insisté le Président Opono Maximilien.
Reconnaissant le Droit de chaque conducteur à adhérer au parti politique de son choix, les leaders insistent toutefois sur le strict respect du calendrier électoral et des règles en vigueur. Ils saluent par ailleurs l’attitude professionnelle des Forces de Maintien de l’Ordre (FMO) et des autorités administratives lors des manifestations du 8 juin, évoquant un exemple de gestion apaisée et républicaine.

Le SYNCMOCAM met également en avant les efforts de structuration du secteur, entamés en concertation avec les autorités locales. Parmi les projets phares : « le port de chasubles d’identification ». Ces tenues, aux couleurs de l’opérateur MTN, continuent toutefois de diviser.
« Dans nos rangs, il y a des brebis galeuses qui refusent cette organisation. C’est pour cela que nous disons non à la manipulation », affirme M. Opono.
Mais cette initiative suscite des critiques. Pour Mr Ferdinand Fonkam, Président d’un autre syndicat :
« Il est interdit pour nous les benskineurs de porter ces chasubles MTN. On colle l’image de cette entreprise à un million de conducteurs sans que nous n’en tirions aucun bénéfice. Ce projet a déjà échoué, et nous pensons qu’il ne va pas marcher. »

Ce clivage révèle une fracture sur la question des partenariats public-privé dans la régulation du secteur informel. Pour les syndicats, toute réforme ne peut réussir sans consultation large, transparence et bénéfices concrets pour les conducteurs. Au-delà des divergences, tous les syndicats s’accordent sur un point : « refuser d’être instrumentalisés, renforcer le civisme, et garantir la stabilité Nationale« .
« Refusons la manipulation. Travaillons légalement. Préservons notre pays. Disons non à la violence, oui à la paix », concluent les leaders syndicaux par l’entremise de leur porte parole Mr Opono Maximilien .



Dans un contexte électoral, les Moto-taximen de Douala entendent incarner une nouvelle image : celle d’acteurs responsables, engagés pour une démocratie apaisée et une société respectueuse des lois.
