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Le 31 Décembre 2024, le Ministre des Finances a signé une circulaire d’exécution validant le budget de l’État pour l’exercice 2025. Cette circulaire marque un tournant dans la gestion des finances des collectivités territoriales décentralisées (CTD) à travers le pays. Dans ce cadre, un atelier national de vulgarisation et d’échanges sur l’exécution des budgets des CTD a été organisé le 20 février 2025 à Douala, sous l’égide des Services du Gouverneur du Littoral, afin de préparer les responsables locaux à cette nouvelle gestion financière.

L’atelier, qui s’est tenu dans la salle polyvalente des Services du Gouverneur du Littoral, a réuni des acteurs clés de l’administration locale, des experts en gestion publique, ainsi que des représentants du Ministère des Finances. Gabriel Dimani Balla, Chef de la division du développement régional aux Services régionaux du Littoral, a ouvert les travaux, rappelant l’importance de cet atelier pour préparer les autorités locales à la gestion des budgets alloués en 2025.

L’objectif principal de cet atelier était de renforcer les capacités des responsables locaux dans l’exécution des Budgets des CTD, en tenant compte des réformes structurelles et des nouvelles méthodes de gestion introduites par le Gouvernement. Selon Judith Clarence Menguele épse Bodo, Chef de mission et responsable des participations et des contributions au Ministère des Finances, cet atelier visait à « outiller les acteurs locaux pour une gestion optimale des ressources, dans un contexte où les ressources financières deviennent de plus en plus rares ».

L’un des aspects centraux des réformes prévues pour 2025 réside dans la « Digitalisation du système fiscal« . L’État central prendra désormais en charge la collecte des anciens impôts communaux, qui seront directement transférés sur les comptes des communes, sans transiter par les comptes d’attente. Ce changement vise à améliorer la transparence et la rapidité des transactions fiscales, facilitant ainsi la gestion des recettes locales.

Une attention particulière a été accordée aux « Nouvelles procédures fiscales« , y compris « la mise en œuvre de la loi sur la fiscalité locale récemment adoptée« .

Cette Loi introduit des ajustements sur les méthodes de collecte et d’utilisation des impôts au niveau local. De plus, des formations ont été dispensées sur « les procédures de contractualisation« , un domaine où les Communes rencontrent de nombreuses difficultés en raison de la complexité des démarches administratives et des faibles taux d’exécution des Budgets.

Malgré les avancées prometteuses, plusieurs élus locaux ont exprimé leurs préoccupations concernant la centralisation de certaines fonctions fiscales. René Paglan, Maire de la Commune de Nyanon, a souligné que la « circulaire ne couvrait pas pleinement les défis d’ajustement du budget, notamment en ce qui concerne les recettes fiscales locales« .

Selon lui, « les Communes se retrouvent désormais exclues du processus de collecte et de gestion des impôts, qui est désormais sous la tutelle des services fiscaux de l’État« . Cette situation, affirme-t-il, « limite leur autonomie et complique la gestion des finances locales« .

En revanche, Roger Tafam, Maire de la Ville de Bafoussam, a exprimé une opinion plus positive sur la réforme en cours, soulignant que « la Digitalisation et l’amélioration des processus fiscaux permettront de rendre la gestion des finances locales plus transparente et efficace« . Il a ajouté que « la centralisation des recettes par l’État est un pas important vers une gestion plus harmonisée et une plus grande fluidité dans les transactions financières« .

La réforme de la gestion des finances des collectivités territoriales décentralisées s’inscrit dans une volonté de modernisation des processus budgétaires au Cameroun. Bien que les défis demeurent, notamment en ce qui concerne la centralisation fiscale et la formation des agents locaux, les réformes en cours offrent de nouvelles perspectives pour améliorer la gestion des budgets locaux.

Les Autorités Locales doivent être prêtes à s’adapter à ces nouvelles réalités, avec des outils de gestion plus adaptés et une meilleure collaboration entre les différents acteurs impliqués dans la dépense publique. Le succès de cette réforme dépendra en grande partie de la capacité des responsables locaux à assimiler ces changements et à les mettre en œuvre de manière efficace.

L’atelier de vulgarisation sur l’exécution des budgets des CTD constitue une étape clé dans le processus de réforme des finances locales au Cameroun. Si les retours des responsables locaux sont partagés, l’initiative vise néanmoins à renforcer la gestion financière des Communes, à améliorer la transparence et à garantir une meilleure allocation des ressources publiques pour le développement local.

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