
La Communauté Urbaine de Douala, conduite par le Maire Dr Roger Mbassa Ndine, a présenté dimanche 9 novembre 2025 le Programme de Sauvegarde et de Valorisation des Rives du Fleuve Dibamba (PSVRFD), lors de la réception de la caravane du Ngondo dans le Canton Bakoko Wouri. Une initiative qui place la participation citoyenne et la coopération entre acteurs au cœur du développement durable.
La capitale économique du Cameroun fait face à de multiples défis liés à sa croissance urbaine rapide : urbanisation incontrôlée, pression foncière, pollution et dégradation de l’environnement. Le fleuve Dibamba, ressource naturelle vitale et haut lieu culturel, n’échappe pas à ces menaces. D’où la nécessité d’une action concertée pour le protéger et le valoriser.

Placée sous la conduite de la Communauté Urbaine de Douala (CUD), cette démarche ambitieuse s’inscrit dans la vision de développement durable de la ville et dans les Objectifs du Développement Durable (ODD). Le projet vise notamment la réduction des pollutions, la régulation des activités économiques (pêche, agriculture, extraction du sable) et la mise en place d’un organisme de gestion intégrée.

De juin 2017 à août 2024, plusieurs étapes majeures ont marqué le projet. En juin 2017, à l’occasion du 40ᵉ anniversaire de la MAETUR, la CUD, la MAETUR et l’ONU-Habitat partenaires à ce programme ont constaté les risques culturels, sanitaires et écologiques liés à l’expansion anarchique de la Ville vers la Dibamba. En 2020, un accord de contribution avec l’ONU-Habitat a permis la production de trois documents clés : un diagnostic écologique de l’écosystème du fleuve, un manuel de formation sur la santé urbaine et un premier draft d’un observatoire métropolitain, ainsi qu’une convention avec la MAETUR pour un état des lieux foncier et cadastral sur une bande de 500 m autour du fleuve. En 2021, le projet devient un programme intégrant la Commune de Dibamba, et aboutit en août à la signature d’une nouvelle version du Mémorandum d’Entente entre les parties. Entre septembre et novembre 2022, une mission conjointe Shelter-Arcadis/ONU-Habitat recueille les avis des communautés locales, suivie de l’élaboration du Plan de Sauvegarde et de Gestion des Ressources du Fleuve Dibamba (PSGRFD). Enfin, en août et septembre 2024, les études sur la création d’un organisme de gestion intégrée et sur la cartographie des polluants ont été lancées, marquant une étape décisive vers la valorisation durable de ce patrimoine naturel.

Depuis 2017, plusieurs actions concrètes ont été menées dans le cadre du PSVRFD. Parmi elles, l’étude cadastrale et foncière, le diagnostic du bassin écologique, ainsi que l’élaboration de l’esquisse d’aménagement des berges du fleuve ont permis d’établir une base solide pour une gestion durable. Des ateliers de bench marking et de partage d’expériences ont également favorisé l’échange de bonnes pratiques entre les acteurs impliqués. Actuellement, des études sont en cours pour cartographier les polluants et menaces dans le sous-bassin, créer un organisme de gestion intégrée et renforcer la sensibilisation des populations riveraines. À court terme, le programme prévoit l’élaboration du dossier de Déclaration d’Utilité Publique (DUP), la réalisation des plans de secteur des rives, la signature d’un plaidoyer adressé au Président de la République et la sécurisation du corridor du projet, gages d’un engagement fort pour la préservation du fleuve Dibamba.

Situé dans la région du Littoral, le fleuve Dibamba draine les eaux de trois Départements : le Wouri, la Sanaga Maritime et le Nkam. Il traverse quatre communes principales en interaction directe avec son cours d’eau :
la Commune de Douala 3ᵉ,
la Commune de Dibamba,
la Commune de Dizanguè,
et la Commune de Yabassi.

Ce vaste territoire, sous la coordination de la CUD, abrite un corridor fluvial protégé de 6 000 hectares, au cœur du programme de sauvegarde. Ce corridor représente une zone stratégique pour la conservation des écosystèmes, la gestion durable des ressources et la valorisation du patrimoine culturel des peuples riverains.
« L’initiative met l’accent sur la participation active des populations et la coopération entre les acteurs, dans le but de restaurer la confiance, préserver le patrimoine et garantir que la rivière Dibamba demeure une source de vie pour les générations à venir. »

Cette déclaration du Maire Dr Roger Mbassa Ndine illustre toute la portée du PSVRFD, présenté à l’occasion de l’escale du Ngondo dans le Canton Bakoko Wouri, à Japoma, dans le 3ᵉ Arrondissement de Douala.
Cette cérémonie a coïncidé avec un moment fort de la tradition : l’escale du Ngondo dans le Canton Bakoko Wouri. Sous la conduite de Sa Majesté Érick Jamil Songue, Chef supérieur du Royaume, la journée du 9 novembre 2025 a réuni autorités traditionnelles, élites, élus locaux et populations issues des sept villages du Canton, dans une ambiance festive et fraternelle.

Des compétitions traditionnelles tir à la corde, lutte, course de pirogues sur la Dibamba, élection de Miss Bakoko ont ponctué la journée, sous les regards émus d’invités de marque tels que S.E. Albert Roger Milla et le Sénateur suppléant Pierre Dipoko Songue.
Dans son allocution, Sa Majesté Jamil Songue a salué la coopération entre la Chefferie et la Ville, tout en appelant à la solidarité et à la préservation des acquis de paix : « La préservation de notre environnement et de notre culture passe par l’implication effective des chefs traditionnels et de chaque citoyen. »

La présence des peuples Baka et Batanga, dignement représentés par leurs rois et reines, a également donné une dimension symbolique à cette célébration du Ngondo, désormais inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO.
Enfin, la nouvelle Miss Bakoko 2025, Soppi Billé Ange, âgée de 21 ans, a annoncé que son mandat mettra l’accent sur les relations entre le Ngondo et l’UNESCO, afin de mieux faire entendre les attentes des peuples de l’eau.

À travers cette convergence entre tradition, culture et écologie, la Communauté Urbaine de Douala et le Canton Bakoko Wouri démontrent que la préservation du fleuve Dibamba est bien plus qu’un projet environnemental : « c’est une promesse de vie, de mémoire et de transmission aux générations futures ».
