
À l’initiative du Dr. Me Serge Bakoa Tonye, avocat aux barreaux du Cameroun et de Paris, et ancien membre du Conseil de l’Ordre des Avocats de Paris, le collectif Barreau de Demain, composé d’avocats camerounais et étrangers, a présenté a la Presse ce mardi 27 mai à Douala un document de synthèse intitulé « Bilan Recommandations : grève des avocats du 5 au 7 mars 2025 ». Ce rapport se veut à la fois un état des lieux des actions menées et une feuille de route pour réformer la relation entre les avocats et les autres acteurs du système judiciaire au Cameroun.
Cette initiative a été réalisée avec la collaboration de Me Richard Zibi Ndzinga et Me Annick Mouangue, tous deux Avocats au Barreau du Cameroun. La grève nationale des avocats, observée du 5 au 7 mars 2025, a été déclenchée à l’appel du Conseil de l’Ordre pour dénoncer les violences subies par plusieurs avocats dans l’exercice de leurs fonctions, ainsi que les entraves à leur droit d’accès aux juridictions. Dans un communiqué du 3 mars, le Bâtonnier appelait les avocats à suspendre le port de la robe, à cesser toute activité judiciaire et à éviter les tribunaux pendant trois jours.
L’adhésion a été massive, selon le collectif, et a suscité la compréhension des magistrats ainsi que la solidarité des clients. Toutefois, aucun signal officiel n’a été émis par les pouvoirs publics durant cette période, ce que déplore le rapport.Le collectif Barreau de Demain a encadré la grève en diffusant un vade-mecum en français et en anglais, ainsi que des éléments de langage à destination des clients et des partenaires des avocats. Une permanence juridique a été mise en place pour soutenir les confrères confrontés à des difficultés.
Par ailleurs, les avocats ont été encouragés à faire remonter leurs témoignages et les incidents rencontrés. L’analyse de ces retours montre une implication équitable des différentes régions du pays. Une rencontre tenue préalablement à Yaoundé le lundi 26 mai 2025 a également permis au Dr. Me Serge Bakoa Tonye de partager sa vision pour l’avenir du Barreau. À cette occasion, il a officiellement annoncé sa candidature à la tête du Barreau du Cameroun, affirmant vouloir « contribuer par son expérience internationale à l’édification d’un Barreau fort, respecté et moteur de progrès démocratique ».

Il a rappelé que le rôle de l’avocat ne se limite pas à la défense des justiciables, mais qu’il est également un acteur clé dans la construction d’un État de droit moderne, en particulier dans un pays confronté à de grands défis sociaux, économiques et institutionnels.
« Le rôle de l’Avocat est moteur pour notre émergence. Nous ne sommes pas là pour faire de la politique, mais pour construire un socle juridique sain, fondé sur le respect mutuel et la collaboration. »
Des recommandations adressées aux organes de l’Ordre, dans le rapport de Barreau de Demain est adressé, entre autres, au Conseil de l’Ordre, au Bâtonnier de l’Ordre, à la Secrétaire de l’Ordre, au Président de l’Assemblée Générale, au Trésorier de l’Ordre, ainsi qu’à l’ensemble des confrères réunis en Assemblée Générale, conformément à l’article 3 du Règlement Intérieur du Barreau du Cameroun.

Selon Dr. Me Serge Bakoa Tonye , ces recommandations, classées selon trois horizons, visent à transformer durablement la profession :
À court terme :
- Mise en œuvre urgente de mécanismes de protection des avocats.
- Dialogue formel avec les forces de sécurité.
- Meilleure communication institutionnelle au sein du Barreau.
À moyen terme :
- Révision du Code de procédure pénale.
- Réactivation du groupe de travail Barreau – Chancellerie – DGSN – SED ;
- Formations pratiques sur l’éthique, la posture et les rapports avec les forces de l’ordre.
À long terme :
- Organisation des États Généraux de la Justice dans toutes les régions du pays;
- Création d’un Code de déontologie des personnels de justice;
- Mise en place d’un budget de « Défense de la Défense ».
Le Collectif conclut en appelant à une co-construction institutionnelle, entre avocats, magistrats, forces de l’ordre et autorités politiques, afin de garantir une justice plus humaine, respectueuse des droits et ancrée dans les réalités sociales du Cameroun.

La balle est désormais dans le camp des Autorités, pour transformer cette mobilisation en réforme structurelle.
