
Un atelier national, organisé à Douala par le Ministère des Transports et l’Organisation maritime internationale (OMI), pose les bases d’une stratégie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur maritime.
Face à l’urgence climatique mondiale, le Cameroun entend jouer sa part dans la lutte contre le réchauffement global. À Douala, les autorités camerounaises, en partenariat avec l’Organisation maritime internationale (OMI), ont lancé ce Jeudi 22 Mai un atelier stratégique sur l’élaboration d’un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le secteur maritime.
Les travaux, ouverts par M. Eoussa Albert au nom du Ministre des Transports, ont réuni des experts nationaux et internationaux afin d’identifier des solutions durables adaptées au contexte maritime du pays.

Le transport maritime est essentiel à l’économie camerounaise, notamment pour le commerce international. Cependant, il représente également une source non négligeable de pollution atmosphérique. « Une grande majorité des navires opérant dans nos eaux sont de véritables émetteurs de gaz à effet de serre », a reconnu M. Eoussa.

Cette réalité s’inscrit dans un contexte où le Cameroun subit déjà les effets du changement climatique : montée des eaux, érosion côtière, inondations, et perturbation des écosystèmes marins.
Cet atelier s’inscrit dans le prolongement des engagements pris par le Cameroun dans le cadre de l’Accord de Paris, mais aussi de la Stratégie 2023 révisée de l’OMI, qui vise la neutralité carbone dans le transport maritime d’ici 2050. À travers cette initiative, le pays entend structurer une réponse cohérente, ambitieuse et réaliste face aux enjeux environnementaux.

Des experts venus de divers horizons ont partagé leurs expériences et recommandations. Parmi eux, M. Ludovic Laffineur, conseiller principal pour la décarbonation du transport maritime au Global Maritime Forum, a souligné :
« Il sera question pour nous de partager avec les participants l’expérience d’ailleurs. Atteindre zéro émission nette d’ici 2050 est l’objectif ultime. Cela implique une réduction significative des émissions annuelles totales de GES dans le secteur maritime. »

Il a rappelé que plusieurs solutions peuvent être exister pour accompagner cette transition à savoir:
- Utilisation d’énergies non émettrices de CO₂, comme le nucléaire, l’éolien ou le solaire ;
- Mise en place de normes internationales sur les carburants, notamment via l’OMI qui devrait finaliser et adopter un ensemble de mesures de réduction des GES à moyen terme ;
- Optimisation technologique des navires, avec des systèmes de propulsion innovants et une meilleure efficacité énergétique ;
- Investissements dans les infrastructures portuaires vertes.
Les participants à l’atelier pourront identifier plusieurs axes prioritaires :
- Faire un état des lieux des émissions actuelles dans le secteur ;
- Cibler les principales sources d’émissions dans les ports et navires ;
- Mettre à jour les réglementations existantes ;
- Renforcer la coopération entre acteurs publics, privés et académiques ;
- Suivre les progrès grâce à des indicateurs mesurables.
L’atelier de Douala n’est qu’un point de départ. Il marque la volonté du Cameroun de structurer une stratégie nationale ambitieuse pour verdir son secteur maritime. La suite dépendra de la mobilisation de ressources financières, du renforcement des capacités techniques locales, des résultats issus de ces travaux et d’une gouvernance inclusive.

« Le changement est possible si nous unissons nos forces et agissons maintenant », a conclu Mme Lydia NGUGI Advocate of the High Court of Kenya and International Maritime Lawyer (Expert de l’OMI).
Le Cameroun semble prêt à franchir ce cap décisif les travaux s’achèveront ce Vendredi 23 mai.

