
À Douala, dans le quartier Bessékè (arrondissement de Douala 4ᵉ), la 5ᵉ édition du Festi Haoussa s’est imposée comme un rendez-vous culturel majeur, placé sous le signe du vivre-ensemble. À l’initiative de Sa Majesté El Hadj Tanko Amadou Camille, chef de 3ᵉ degré de Bessékè Bonabéri et figure de proue de la communauté musulmane et du Grand Nord, l’événement a rassemblé une foule nombreuse venue célébrer à la fois la culture haoussa et la fête de l’Aïd el-Fitr 2026.

Autour de leur Chef, plus de 300 membres de cette communauté cosmopolite ont répondu présents, rejoints par une vingtaine d’autorités traditionnelles venues de divers horizons. Parmi elles, le chef supérieur du groupement Bagam dans les Bamboutos, accompagné d’autres rois et Chefs issus du Moungo, de l’Ouest, du Wouri et du Sud-Ouest, témoignant ainsi de l’ampleur et de l’attractivité de ce festival devenu incontournable.

La journée a été rythmée par une succession d’activités culturelles et traditionnelles. Moment solennel, l’intronisation de trois nouveaux notables au sein de la Chefferie Musulmane de Bessékè est venue renforcer les institutions coutumières locales.

Sur le plan festif, les danses traditionnelles ont tenu le public en haleine, avec notamment le Gourna, le Pkalum et le jeu de reins des femmes haoussa. Une prestation de danse haoussa venue de Yaoundé ainsi qu’une danse bamiléké, invitée surprise, ont illustré la diversité culturelle camerounaise.

Les compétitions de lutte traditionnelle, la course de chevaux assimilée à la fantasia ainsi que le wassayanka (jeu de couteaux) ont suscité une ferveur populaire, ponctuée de cris d’encouragement et d’ovations. Le point culminant de cette journée a été marqué par la remise d’un bâton de commandement par la Communauté Bagam, symbole fort d’amitié et de reconnaissance entre chefferies.

« Nous avons assisté à une très belle fête. La culture est universelle et, dans un contexte de vivre-ensemble, notre responsabilité est d’œuvrer à renforcer ces liens », a confié Sa Majesté Mathurin Mouoyebe Zossiè, Roi des Bagam.

Dans la même dynamique, le Chef hôte a tenu à souligner l’importance de cette vision portée au plus haut sommet de l’État : « L’héritage du Chef de l’État, c’est le vivre-ensemble. Ce vivre-ensemble que nous promouvons à travers ce festival est exactement celui auquel nous invite le Chef de l’État, Président de la République du Cameroun, Son Excellence Monsieur Paul Biya. Nous travaillons désormais à nous assister mutuellement, tant sur le plan physique que financier. Réunir autant de chefs est la preuve que nous avons suffisamment avancé », a déclaré Sa Majesté El Hadj Tanko Amadou Camille.

Au-delà des festivités, cette édition 2026 du Festi Haoussa a également été marquée par la reconnaissance du leadership de son principal artisan. Le Chef de Bessékè s’est vu décerner le Prix panafricain du leadership traditionnel par l’Organisation africaine pour la promotion des médias (OAPM), en récompense de son engagement dans la promotion de la culture et la lutte contre les inégalités sociales.

Dans une ambiance mêlant spiritualité et fraternité, le Chef a également rappelé le sens profond de la célébration :

« Barka da sallah à vous tous. À la fin du Ramadan, nous nous réunissons avec nos frères musulmans et chrétiens, car nous avons les mêmes origines. C’est cela le vivre-ensemble. Nous devons valoriser notre culture et la porter à l’international. »

Entre traditions, dialogue interculturel et communion sociale, le Festi Haoussa 2026 confirme ainsi son rôle de vitrine du vivre-ensemble et de la richesse culturelle Camerounaise.
