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L’Ordre national des architectes du Cameroun (Onac) a officiellement accueilli, ce vendredi 21 novembre 2025 à Douala, cinq nouveaux membres admis au terme d’un long processus de formation et de stage. La cérémonie de prestation de serment, tenue dans la salle André Siaka du Gecam, a rassemblé plusieurs personnalités du secteur, des architectes confirmés ainsi que les familles des impétrants.

Représentant la Ministre de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), Célestine Ketcha Courtès, Philippe Kuetché, inspecteur chargé des questions techniques, a transmis les orientations de la tutelle. Il a notamment souligné la nécessité d’une meilleure régulation de l’accès à la profession face aux difficultés croissantes d’insertion des jeunes diplômés.

« Madame la Ministre a prescrit à l’Onac de mener une réflexion afin d’harmoniser le nombre d’architectes qui seront désormais inscrits avec la capacité d’absorption du milieu du travail », a-t-il déclaré, saluant la mobilisation massive des professionnels.

La tutelle a également insisté sur le respect strict du règlement intérieur et salué la gestion inclusive du dossier des stagiaires recalés, signe d’une gouvernance fondée sur la transparence et la concertation.

La prestation de serment intervient dans un contexte national où les villes camerounaises connaissent une urbanisation rapide, une pression foncière accrue et une demande croissante en infrastructures modernes. Cette dynamique exige des compétences pointues et un strict respect des normes architecturales et urbanistiques. Dans ce cadre, l’Onac se voit renforcé dans son rôle de régulateur et de garant de la qualité des constructions, au moment même où les défis du secteur se multiplient.

S’exprimant sur ces enjeux, le Président du Conseil de l’Ordre, Jean-Christophe Ndongo, a rappelé que la profession fait face à plusieurs défis majeurs : la prolifération des constructions anarchiques réalisées sans architectes qualifiés, la concurrence déloyale de non-professionnels, le non-respect récurrent des normes d’urbanisme, l’urgence d’adopter des pratiques modernes et durables, ainsi que le déficit de sensibilisation du public quant à la valeur ajoutée de l’architecte.
Il a souligné que ces défis appellent une génération d’architectes compétents, disciplinés et profondément attachés à l’intérêt général.

En clôturant son intervention, Jean-Christophe Ndongo a adressé un message fort aux nouveaux membres :

« Vous entrez aujourd’hui dans une profession noble, exigeante et fondamentale pour le développement de notre pays. Portez haut les valeurs de l’Ordre, exercez avec humilité et conviction, et souvenez-vous toujours que chaque projet que vous signerez engage votre nom, mais aussi celui de toute la profession. Soyez des bâtisseurs de confiance, des défenseurs du cadre de vie et des ambassadeurs de l’excellence architecturale camerounaise. »

Il les a encouragés à demeurer curieux, à se former continuellement et à travailler en étroite synergie avec les institutions publiques afin de relever les défis urbains du pays.

Parmi les impétrants, Mme Betebe Bingono Anastasia a livré un témoignage empreint d’émotion, évoquant la difficulté du parcours.

« Le parcours n’a pas été facile : quitter sa famille, arriver dans une ville inconnue, affronter les défis du cursus et du stage de deux ans… Mais par la grâce de Dieu, nous avons tenu », a-t-elle confié.

Elle ambitionne aujourd’hui de mettre ses compétences au service de la communauté :

« J’aimerais contribuer au développement de notre pays à travers des projets qui répondent aux besoins des populations. »

Avec cette nouvelle cuvée de cinq architectes, l’Onac renforce son rôle dans l’accompagnement des politiques d’urbanisme et de construction, dans un Cameroun en pleine évolution.

L’Ordre national des architectes du Cameroun occupe une place stratégique dans la gouvernance urbaine nationale. En tant que gardien de l’éthique professionnelle, il veille à la protection du titre d’architecte, à la discipline interne, et à la qualité des ouvrages réalisés sur le territoire. Son rôle devient d’autant plus crucial que le pays connaît une urbanisation accélérée, où les risques de constructions anarchiques, de pratiques informelles et de non-respect des normes sont élevés.

Ces dernières années, l’Onac s’est également illustré par des efforts de transparence, une volonté de modernisation de ses procédures et une ouverture au dialogue avec les pouvoirs publics. Toutefois, l’Ordre reste confronté à des défis structurels : renforcer la formation continue, garantir une régulation efficace, mieux sensibiliser le public sur la nécessité de recourir à des architectes certifiés et affirmer davantage son influence dans les grands projets urbains.

La cérémonie de Douala, en consolidant la relève professionnelle, témoigne de cette dynamique de professionnalisation et de repositionnement institutionnel.

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