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Édéa 1er – Sanaga-Maritime.

Depuis plusieurs mois, le village Apouh à Ngoh est marqué par une crise foncière explosive qui oppose ses habitants à la Société des palmeraies du Cameroun (Socapalm). Au cœur du conflit, une superficie estimée à 874 hectares de terres que les riverains considèrent comme leur patrimoine ancestral, mais que l’agro-industrie revendique dans le cadre de son programme de replanting.

Les populations dénoncent un accaparement illégal de leurs terres, évoquant humiliations, violences et spoliations. « On n’a plus d’espace pour respirer », s’indigne Félicité Hortense Bissou, habitante d’Apouh, pointant du doigt les tranchées qui délimitent désormais les plantations. Veuve Ndongo Emilienne raconte, elle, les amendes et intimidations subies chaque fois qu’elle tente de ramasser des fruits tombés des palmiers.

La Socapalm, pour sa part, rejette ces accusations et se défend en mettant en avant une approche qu’elle qualifie de « gestion responsable ». L’entreprise assure avoir instauré depuis 2016 des plateformes de dialogue avec les communautés riveraines et reste, selon sa porte-parole, « attachée à un dialogue constructif dans le respect du cadre légal et des droits de chacun ».
Dans ce bras de fer où se mêlent intérêts économiques, droits fonciers et tensions sociales, un acteur tente de jouer les sapeurs-pompiers : l’Observation du Littoral pour la Terre (OLT).

Cette coalition qui regroupe plusieurs organisations de la société civile engagées dans la défense des droits fonciers, s’est positionnée comme intermédiaire entre les populations riveraines et la Socapalm. Son rôle est de faciliter le dialogue, documenter les abus allégués et proposer des voies de sortie pacifiques à une crise qui menace la stabilité locale.

« Nous ne sommes pas là pour attiser le conflit, mais pour rappeler que les droits des communautés doivent être respectés et que les solutions doivent être inclusives », explique un membre de l’OLT. L’organisme plaide pour une restitution partielle des terres, la sécurisation des espaces vitaux des habitants et une meilleure implication des chefs traditionnels dans les négociations.

Au-delà de l’affrontement direct entre la communauté et la Socapalm, la crise révèle aussi le rôle ambigu des autorités locales. Le Chef du village, Sa Majesté Mercure Ditope Lindoume, accuse l’administration de pressions et de tentatives de corruption. Le préfet de la Sanaga-Maritime l’accuse en retour d’extorsion, ce qui a encore davantage crispé la situation.

L’OLT déplore ces querelles administratives qui, selon elle, « détournent l’attention du problème principal : la survie de centaines de familles qui n’ont plus d’espace pour cultiver ou construire ».

Pour l’OLT, la solution passe par un dialogue sincère, équilibré et transparent. Elle recommande :

Une enquête indépendante sur la légalité des titres fonciers de la Socapalm,

La rétrocession d’une portion de terres à la communauté d’Apouh comme espace vital,

La mise en place d’un mécanisme tripartite (population – Socapalm – État) pour un suivi durable des engagements.

Dans un contexte où la population locale grandit et où les tensions s’exacerbent, l’Observation du Littoral pour la Terre se veut gardienne d’un équilibre fragile. « Sans la terre, on n’est rien », résume une habitante. L’enjeu dépasse Apouh : il pose la question plus large du rapport entre agro-industrie et droits fonciers des communautés rurales au Cameroun. où la population locale grandit et où les tensions s’exacerbent, l’Observation du Littoral pour la Terre se veut gardienne d’un équilibre fragile. « Sans la terre, on n’est rien », résume une habitante. L’enjeu dépasse Apouh : il pose la question plus large du rapport entre agro-industrie et droits fonciers des communautés rurales au Cameroun.

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