
Le retrait du Groupe Société Générale de sa filiale au Cameroun s’est concrétisé ce 15 juillet 2025 à Douala, par la signature d’une convention de cession avec l’État camerounais. Celui-ci détient désormais 83,68 % du capital de Société Générale Cameroun, renforçant ainsi sa souveraineté financière dans le secteur bancaire.
Le paysage bancaire camerounais connaît une évolution significative dans la configuration du secteur bancaire. L’État du Cameroun a officiellement signé, le 15 juillet 2025 à Douala, une convention de cession portant sur 58,08 % des parts du Groupe Société Générale dans sa filiale locale, Société Générale Cameroun (SGC). Déjà détenteur de 25,6 % du capital, et aux côtés d’Allianz Assurance Cameroun (16,32 %), l’État élève ainsi sa participation totale à 83,68 %, devenant l’actionnaire largement majoritaire de la banque.

L’accord a été conclu sous le très haut accord du Président de la République, Son Excellence Mr Paul Biya, et signé par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, au nom de l’État Camerounais. Cette opération fait suite à la décision stratégique du Groupe Société Générale de se retirer de certains marchés africains, dont le Cameroun.
« Société Générale Cameroun est une belle aventure. Mais face à la volonté de retrait du groupe pour des raisons stratégiques, deux options s’offraient à nous : soit le laisser vendre à un tiers, soit exercer notre droit de préemption. Et le Chef de l’État son Excellence Mr Paul Biya a donné mandat pour que nous exercions ce droit. C’est ce que nous avons fait », a expliqué le Ministre Mr Motaze lors de la cérémonie.

Au-delà de l’acquisition, cette montée au capital vise à garantir la continuité des opérations de cette banque de référence, à protéger les intérêts des clients, des employés, et à assurer un alignement stratégique avec les priorités économiques du pays. « Nous voulons une banque forte, bien gérée, et capable de financer les projets de développement, y compris ceux des petites et moyennes entreprises », a affirmé le Ministre.

Société Générale Cameroun, selon les classements récents, occupe la deuxième place dans le secteur bancaire national. Sa solidité et sa gestion rigoureuse, régulièrement saluées par la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC), en font un acteur clé du système financier camerounais. « Elle a très peu de problèmes de conformité. C’est une institution stable, bien encadrée », a souligné Louis Paul Motaze.

L’opération reste toutefois soumise à l’approbation des autorités réglementaires, notamment la COBAC. Une fois validée, elle permettra à l’État de définir l’avenir stratégique de la banque. « Nous nous réservons le droit, après instruction du Président de la République, de décider de l’usage des parts acquises. Tout est possible. Mais l’objectif reste la pérennité et l’utilité publique de cette institution », a conclu le Ministre.

En reprenant le contrôle de Société Générale Cameroun, l’État camerounais affirme ainsi sa volonté de consolider sa souveraineté économique tout en sécurisant un outil de financement essentiel pour le développement du pays.
