
𝘋𝘢𝘯𝘴 𝘶𝘯𝘦 𝘪𝘯𝘵𝘦𝘳𝘷𝘪𝘦𝘸 𝘢𝘤𝘤𝘰𝘳𝘥é𝘦 𝘢𝘶 𝘲𝘶𝘰𝘵𝘪𝘥𝘪𝘦𝘯 𝘯𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯𝘢𝘭 𝘊𝘢𝘮𝘦𝘳𝘰𝘰𝘯 𝘛𝘳𝘪𝘣𝘶𝘯𝘦, 𝘭𝘦 𝘷𝘦𝘯𝘥𝘳𝘦𝘥𝘪 12 𝘫𝘶𝘪𝘭𝘭𝘦𝘵 2024, 𝘭𝘦 M𝘪𝘯𝘪𝘴𝘵𝘳𝘦 𝘥𝘶 𝘊𝘰𝘮𝘮𝘦𝘳𝘤𝘦, 𝘓𝘶𝘤 𝘔𝘢𝘨𝘭𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘔𝘣𝘢𝘳𝘨𝘢 𝘈𝘵𝘢𝘯𝘨𝘢𝘯𝘢, 𝘥𝘳𝘦𝘴𝘴𝘦 𝘶𝘯 𝘱𝘢𝘯𝘰𝘳𝘢𝘮𝘢 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘭𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘦𝘯𝘫𝘦𝘶𝘹 𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘰𝘱𝘱𝘰𝘳𝘵𝘶𝘯𝘪𝘵é𝘴 𝘭𝘪é𝘴 à 𝘭𝘢 𝘡𝘰𝘯𝘦 𝘥𝘦 𝘓𝘪𝘣𝘳𝘦 É𝘤𝘩𝘢𝘯𝘨𝘦 𝘊𝘰𝘯𝘵𝘪𝘯𝘦𝘯𝘵𝘢𝘭𝘦 𝘈𝘧𝘳𝘪𝘤𝘢𝘪𝘯𝘦 (𝘡𝘓𝘌𝘊𝘈𝘍) 𝘱𝘰𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘊𝘢𝘮𝘦𝘳𝘰𝘶𝘯. 𝘐𝘤𝘪, 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘢𝘷𝘦𝘻 𝘭’𝘪𝘯𝘵é𝘨𝘳𝘢𝘭𝘪𝘵é 𝘥𝘦 𝘭’𝘪𝘯𝘵𝘦𝘳𝘷𝘪𝘦𝘸…
𝗠𝗼𝗻𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗠𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲, 𝗹𝗲 𝟬𝟱 𝗷𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 𝗱𝗲𝗿𝗻𝗶𝗲𝗿, 𝗹𝗲 𝗖𝗮𝗺𝗲𝗿𝗼𝘂𝗻 𝗮 𝗲𝘅𝗽𝗼𝗿𝘁é 𝘂𝗻𝗲 𝗰𝗮𝗿𝗴𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗽𝗿è𝘀 𝗱𝗲 𝟭𝟬𝟬 𝘁𝗼𝗻𝗻𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗶𝗻𝗴𝗼𝘁𝘀 𝗱’𝗮𝗹𝘂𝗺𝗶𝗻𝗶𝘂𝗺 𝘃𝗲𝗿𝘀 𝗹’𝗔𝗹𝗴é𝗿𝗶𝗲, 𝘀𝗼𝘂𝘀 𝗹𝗲 𝗿é𝗴𝗶𝗺𝗲 𝗭𝗟𝗘𝗖𝗔𝗙. 𝗤𝘂𝗲 𝗿𝗲𝗽𝗿é𝘀𝗲𝗻𝘁𝗲 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗼𝗽é𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗽𝗮𝘆𝘀 ?
« Votre question m’offre l’excellente opportunité d’édifier, une fois encore, l’opinion sur ce vecteur de développement magique sans pareil qu’est la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAF) et qui relève de la vision prospective de nos Chefs d ‘Etat, dans leur détermination à faire de l’Afrique une terre de prospérité, la plus prodigieuse au monde. Sans avoir à remonter à Mathusalem, plus précisément aux lendemains des indépendances africaines et des ambitions qui étaient celles des Pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine, je dois relever que tout est parti du 18ème Sommet Ordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine au mois de janvier 2012 à Addis-Abeba, avec la décision prise par ces derniers de mettre en place la double initiative de renforcement du commerce intra-africain et d’accélération de la création d’une Zone de Libre Echange Continentale Africaine, ayant pour objectif majeur de booster les échanges commerciaux entre les pays africains, à travers l’élimination ou la réduction des barrières tarifaires et non tarifaires, et de créer un marché élargi et sécurisé, assorti d’une libre circulation des personnes, des capitaux, des marchandises et des services, dans le dessein de renforcer l’intégration économique et de promouvoir le développement agricole, la sécurité alimentaire, l’industrialisation et la transformation structurelle des économies africaines. Ce processus va aboutir à la signature, le 21 mars 2018, à Kigali, au Rwanda, à l’occasion du 12ème Sommet Extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, de l’Accord portant création de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine. Battant tous les records de diligence et de célérité, à inscrire dans le livre Guinness des records, cet Accord va entrer en vigueur le 30 mai 2019, c’est-à-dire 14 mois seulement après sa signature, à la suite du dépôt du 22ème Instrument de ratification. Et notre pays figurera parmi les premiers de la classe. L’histoire retiendra par ailleurs que le Cameroun fait partie des sept Etats africains qui ont effectivement, les premiers, donné corps à ce nouveau mécanisme, aux côtés de l’Egypte, du Ghana, du Kenya, de Maurice, du Rwanda et de la Tanzanie, à travers l’Initiative du Commerce Guidé de la ZLECAF. C’était le 07 octobre 2022 à Accra, au Ghana, à l’occasion d’une cérémonie solennelle au cours de laquelle les sept pays concernés ont vu débarquer leurs premières marchandises exportées sous le régime de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine. L’opération à laquelle vous faites allusion, qui s’est déroulée le 05 juillet dernier et qui avait pour cadre le Port Autonome de Douala, est importante en ce qu’elle symbolise et traduit dans les faits l’engagement du Cameroun, sous la Très Haute Impulsion du CHEF DE L’ETAT, à assurer le rôle de leader dans ce nouveau paysage. Il s’agissait, dois-je le rappeler, d’une exportation de cent (100) tonnes de lingots d’aluminium produites par la société ALUCAM et exportées vers l’Algérie, en mode conteneur, d’autres exportations étant intervenues antérieurement par voie conventionnelle. Même si comparaison n’est pas raison, je souligne, au passage, que le Nigéria, l’un des géants, s’il en est, de l’économie africaine, n’effectuera sa première opération du genre que le 16 juillet prochain, au port d’Apapa, c’est-à-dire après le Cameroun. Et, comme pour mieux souligner le rôle moteur que joue notre pays, les Autorités de ce pays voisin ont formellement invité le Ministre du Commerce du Cameroun à être témoin de cette cérémonie solennelle. C’est tout dire…»

𝗔𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶è𝗿𝗲 𝗲𝘅𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝗻𝗲𝘂𝗿𝗶𝘀é𝗲, 𝗱’𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗼𝗽é𝗿𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 é𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗹𝗼𝗰𝗮𝘂𝘅 𝗮𝘃𝗮𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗲𝘅𝗽𝗼𝗿𝘁é 𝗮𝘂 𝗚𝗵𝗮𝗻𝗮, 𝗲𝗻 𝗾𝘂𝗮𝗻𝘁𝗶𝘁é𝘀 𝗺𝗼𝗶𝗻𝘀 𝗶𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁𝗲𝘀 𝗰𝗲𝗿𝘁𝗲𝘀, 𝗱’𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗮𝗻𝗱𝗶𝘀𝗲𝘀 𝗲𝗻 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗶𝘁𝘀 𝗳𝗶𝗻𝗶𝘀 (𝗳𝗿𝘂𝗶𝘁𝘀 𝘀é𝗰𝗵é𝘀, 𝘁𝗵é𝘀). 𝗢ù 𝗲𝗻 𝘀𝗼𝗻𝘁-𝗶𝗹𝘀 𝗽𝗿è𝘀 𝗱𝗲 𝗱𝗲𝘂𝘅 𝗮𝗻𝘀 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝘁𝗮𝗿𝗱 ?
« Vous faites là allusion à la cérémonie du 07 juillet 2022 à Accra, qui consacrait la réception de la première cargaison exportée par notre pays, constituée des fruits séchés et du thé. C’était le point de départ, sous l’onction des Pouvoirs Publics. La suite des opérations qui, pour moi, est une évidence, compte tenu des avantages compétitifs qu’en tirent les opérateurs économiques exportateurs, en termes de réduction des droits de douane, dans un premier temps, et d’exonération totale desdits droits, à terme, relève de l’initiative privée et du dynamisme reconnu de nos opérateurs, le Gouvernement ayant joué son rôle d’aiguilleur et d’accompagnateur du processus. Je me dois, au demeurant, de souligner que ce mécanisme est à double sens, qui vise à la fois les exportations et les importations. C’est dans ce cadre que j’ai pris part, le 17 juillet 2023, au Port Autonome de Kribi, en compagnie de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de Tunisie au Cameroun, à la cérémonie de réception d’une cargaison de résine importée par notre pays, en provenance de la Tunisie. Cela prouve que la Zone de Libre Échange Continentale Africaine est effectivement entrée dans sa phase opérationnelle et que le meilleur est à venir.»
𝗔𝘃𝗲𝗰 𝗹𝗲 𝗽𝗼𝘁𝗲𝗻𝘁𝗶𝗲𝗹 𝗾𝘂’𝗼𝗻 𝗿𝗲𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮î𝘁 𝗮𝘂 𝗖𝗮𝗺𝗲𝗿𝗼𝘂𝗻, 𝗼𝗻 𝘀𝗲 𝘀𝗲𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝗱𝘂 à 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗶𝘁𝘀 𝗺𝗮𝗱𝗲 𝗶𝗻 𝗖𝗮𝗺𝗲𝗿𝗼𝗼𝗻 𝗶𝗻𝗼𝗻𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱é𝗷à 𝗹𝗲 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵é 𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻 𝗱𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 𝗹’𝗼𝗽é𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗮𝗹𝗶𝘀𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗭𝗼𝗻𝗲 𝗱𝗲 𝗟𝗶𝗯𝗿𝗲 𝗘𝗰𝗵𝗮𝗻𝗴𝗲. 𝗤𝘂’𝗲𝘀𝘁-𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗽𝗿𝗼𝗯𝗹è𝗺𝗲 ?
« Vous ne sauriez aller plus vite que la musique. Il faut observer le tempo. D’un point de vue des textes en effet, la Zone de Libre Echange Continentale Africaine n’est opérationnelle que depuis le 1er janvier 2021. Dans les faits, comme je l’ai indiqué plus haut, les premiers échanges sont intervenus le 07 octobre 2022 et le Cameroun était en pole position. Il serait par conséquent inexact de dire que les produits made in cameroon sont absents du marché, qu’il s’agisse du marché sous-régional ou continental. J’en veux pour preuve, entre autres, cet Agrément au Régime Préférentiel de la CEMAC délivré le 06 mars 2024 par le Président de la Commission de la CEMAC au bénéfice de sept entreprises camerounaises, pour une liste de 70 produits issus de la production locale, qui viennent s’ajouter aux 691 autres produits camerounais admis antérieurement au bénéfice dudit régime. Qu’est ce qui pourrait faire problème ? C’est, à l’évidence, le problème de l’offre et non celui du marché. Il nous faut en effet produire plus pour satisfaire la demande et tirer pleinement avantage de ce marché captif. La Zone de Libre Echange Continentale Africaine, c’est effectivement un marché de 1,3 milliard de consommateurs, à mettre en parallèle avec le marché chinois, fort de son 1,4 milliard de consommateurs, le marché indien, de même niveau que la Chine ou presque, le marché de l’Union Européenne, avec ses 450 millions de consommateurs, ou encore le marché américain, riche de 330 millions de personnes. En clair, la Zone de Libre Echange Continentale Africaine se présente comme le second plus grand espace marchand au monde. Au demeurant, à en croire les projections à l’horizon 2050, c’est-à-dire demain, la population africaine passera à 2,5 milliards de consommateurs et l’Afrique se positionnera, de très loin, comme le premier marché au monde. La Zone de Libre Echange Continentale Africaine représente donc, sans conteste, une très grande opportunité et une aubaine pour nos opérateurs économiques, à la condition qu’ils sachent en tirer avantage, en augmentant, de manière substantielle, le niveau de la production actuelle. La Stratégie Nationale de Développement 2020-2030, instruite par le CHEF DE L’ETAT, déclinée sous la forme de la transformation structurelle de l’économie camerounaise, participe de cette ambition. Il en est de même du Plan Intégré d’Import Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH), en cours d’exécution sous la houlette du Gouvernement, pour le triennat 2024-2026. Vous le voyez, tout est mis en œuvre par le Gouvernement pour que la Zone de Libre Echange Continentale Africaine soit l’instrument majeur, dans le secteur du commerce, qui conduira notre pays à l’émergence. Tous les atouts sont donc de notre côté, sous réserve que les acteurs, que sont les opérateurs économiques, prennent le relais. Je n’en doute pas un seul instant.»

𝗘𝗻 𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗹𝗲 𝗿é𝗴𝗶𝗺𝗲 𝗽𝗿é𝗳é𝗿𝗲𝗻𝘁𝗶𝗲𝗹 𝗖𝗘𝗠𝗔𝗖 𝗽𝗲𝘂𝘁-𝗶𝗹 ê𝘁𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲 𝗱’𝗲𝗻𝘁𝗿é𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗶𝘁𝘀 𝗰𝗮𝗺𝗲𝗿𝗼𝘂𝗻𝗮𝗶𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗭𝗟𝗘𝗖𝗔𝗙 ?
« Il est clair que le bénéfice du Régime Préférentiel de la CEMAC est un atout important pour nos entreprises par rapport à leurs concurrents des autres pays pour l’accès au marché de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine. Le Régime Préférentiel leur offre en effet l’opportunité de prétendre au statut d’« Exportateur Agréé », synonyme d’allègement des procédures à l’importation dans les pays de destination, s’agissant notamment de la question fondamentale de la détermination de l’origine de la marchandise. C’est forcément un plus, sinon un sésame.»
𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗣𝗼𝘂𝘃𝗼𝗶𝗿𝘀 𝗣𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰𝘀 𝘀’𝗼𝗿𝗴𝗮𝗻𝗶𝘀𝗲𝗻𝘁-𝗶𝗹𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗖𝗮𝗺𝗲𝗿𝗼𝘂𝗻 𝘀𝗼𝗶𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗽𝗿é𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗲𝘁 𝘀𝘂𝗿𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗰𝗼𝗺𝗽é𝘁𝗶𝘁𝗶𝗳 à 𝗰𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗲𝗿𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 ?
« Je crois avoir déjà répondu à cette question en parlant des diverses mesures prises par le Gouvernement pour stimuler la production et la transformation locale de nos produits, afin d’en faciliter l’exportation, qu’il s’agisse de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 et des différents outils qui la sous-tendent ou, plus récemment, du Plan Intégré d’Import Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH), qui induit un accompagnement spécifique et conséquent des opérateurs économiques impliqués par les Pouvoirs Publics. Les effets de ces différentes mesures ne tarderont pas à se manifester, je puis vous en assurer.»

𝗠𝗼𝗻𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗠𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲, 𝗾𝘂𝗲 𝗿é𝗽𝗼𝗻𝗱𝗿𝗶𝗲𝘇-𝘃𝗼𝘂𝘀 à 𝗰𝗲𝘂𝘅 𝗾𝘂𝗶 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗮 𝗭𝗟𝗘𝗖𝗔𝗙 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗱é𝗰𝗶𝗱𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝘀, 𝗱𝘂 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗼𝗯𝘀𝘁𝗮𝗰𝗹𝗲𝘀 𝘁𝗲𝗹𝘀 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗮 𝗺𝘂𝗹𝘁𝗶𝗽𝗹𝗶𝗰𝗶𝘁é 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝗲𝘀, 𝗹’𝗮𝗯𝘀𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝘃𝗼𝗶𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 (𝗿𝗼𝘂𝘁𝗲𝘀, 𝗹𝗶𝗴𝗻𝗲𝘀 𝗮é𝗿𝗶𝗲𝗻𝗻𝗲𝘀 𝗱𝗶𝗿𝗲𝗰𝘁𝗲𝘀, 𝗲𝘁𝗰.) 𝗾𝘂𝗶 𝗳𝗿𝗲𝗶𝗻𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘀 é𝗰𝗵𝗮𝗻𝗴𝗲𝘀 ?
« Si vous voulez entendre par « intention » qu’il s’agit d’un vœu pieux de la part de nos Dirigeants, je vous répondrai que vous faites fausse route ou, plutôt, vous instruisez un procès d’intention à leur encontre. Vous invoquez l’absence des voies de communication, des routes ou des lignes aériennes directes. Je dirai que vous êtes probablement en retard d’un train, tant il est qu’il existe aujourd’hui des formes nouvelles et modernes pour les échanges, qu’il s’agisse des marchandises ou des services. Je pense notamment au commerce électronique, qui prend de plus en plus de l’épaisseur et tend à se généraliser. La Zone de Libre Echange Continentale Africaine s’accompagne par ailleurs, au plan opérationnel, d’un vaste programme d’investissements infrastructurels qui transformera l’Afrique en un « grand pays » interconnecté d’une région à l’autre. De nombreux partenaires au développement ont déjà souscrit à cet ambitieux programme et s’activent à mobiliser les financements nécessaires. Au plan des textes proprement dits, vous n’êtes pas sans savoir que l’Accord portant création de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine a prévu un certain nombre d’instruments d’accompagnement du dispositif, au rang desquels le Système Panafricain de Paiement et de Règlement Numérique (PAPSS), entendu comme un système continental centralisé de paiement et de règlement en ligne, mis en place par la banque panafricaine AFREXIMBANK pour faciliter les arrangements de paiement et accélérer les transactions ainsi que le traitement, la compensation et les règlements commerciaux intra-africains. Ce système a vocation à interconnecter tous les acteurs intervenant dans la chaîne de paiement, aussi bien les Banques Centrales, les prestataires des services financiers, les fournisseurs ou les entreprises et consommateurs finaux. Il fonctionne à cet effet indépendamment des systèmes nationaux de paiement et vise spécifiquement à résoudre les problèmes liés à la convertibilité des monnaies et à faciliter les transactions transfrontalières et les paiements en monnaie locale, offrant ainsi une alternative aux transactions bancaires actuellement en vigueur, que l’on sait trop longues, trop lourdes et trop coûteuses. Si ce n’est pas d’une grande innovation, sinon d’une révolution qu’il s’agit, que serait-ce donc ? Ce que je voudrais rappeler à nos opérateurs économiques et à leurs organisations faîtières, s’agissant de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine, c’est cette règle de base qui régit le commerce international, en l’occurrence, le principe du « Premier arrivé, Premier servi » (First come, First served). Il s’agit donc pour eux d’être les premiers à investir l’espace, sinon ils seront condamnés à n’occuper que les derniers wagons du train et donc à arriver à la gare après les autres.»
Cette interview avec le ministre du Commerce du Cameroun a offert un aperçu précieux des ambitions et des stratégies du pays pour maximiser les avantages de la ZLECAF. Alors que le Cameroun continue de s’affirmer comme un acteur clé dans cette initiative continentale, les prochains mois et années seront cruciaux pour observer comment ces plans se traduiront en résultats concrets pour l’économie nationale.

